BD : les coups de coeur de Séraphin

  • le grand vide

    Lea Murawiec

    • 2024
    • 20 Août 2021

    " Mais... Manel Naher, c'est moi ! " Qui est donc cette autre Manel Naher, qui fait la Une des journaux ? Elle fait de l'ombre à Manel Naher, la vraie Manel Naher, l'héroïne de cette histoire ! Elle ne se rend pas compte qu'elle la met en danger, la vraie Manel Naher, en ayant tout ce succès ? Vous comprenez, si tout le monde se met à penser à cette Manel Naher qui devient célèbre, au lieu de penser à Manel Naher, qui passe ses journées au fond d'une petite librairie...
    Eh bien : on risque de l'oublier, notre Manel. Et dans ce monde, si l'on ne pense plus à vous, alors vous mourrez, tout simplement. Penser à quelqu'un, c'est lui donner de la Présence. L'horizon, ici, est barré par les milliers de noms qui s'affichent de toutes parts, et les mendiants ne quémandent qu'une seconde d'attention... Survivre pour certains, devenir Immortel pour d'autres : c'est la Présence qui fait tourner cette ville tentaculaire.
    Manel, elle, tournerait volontiers le dos à tout ça ; mais là-bas, au delà des grattes-ciel, il n'y a que le Grand Vide, d'où personne n'est jamais revenu... Léa Murawiec met ici son dessin virtuose au service d'un récit riche et lumineux, au rythme bouillonnant. Son talent et sa maîtrise illuminent ce premier livre enthousiasmant, et on se laisse avec bonheur emporter dans ce Grand Vide !

  • René.e aux bois dormants Nouv.

    René.e aux bois dormants

    Elène Usdin

    René n'est à sa place nulle part. Ni dans l'appartement qu'il partage seul avec sa mère, femme absente, aux manières froides ; ni avec les autres enfants de son école ; ni dans cette ville canadienne trop grande.
    Hypersensible, sauvage, il est sujet aux évanouissements durant lesquels il voyage dans des mondes fantasmagoriques. Au cours de l'un d'eux, il part à la recherche de son lapin qui s'est enfui.
    René bascule alors dans un monde peuplé de créatures aussi terrifiantes que bienveillantes.
    Sorcière sensuelle et cannibale en souffrance, ogre mangeur de lumière, créatures sans mémoire ou géant au coeur simple côtoient René, qui lui-même se métamorphose au gré des rencontres. Il devient Renée, fleur, chatte, arbre... Et revisite les mythes fondateurs des Premières Nations, peuples autochtones canadiens.
    Mais, où s'arrête le rêve ? Et qui rêve véritablement ?
    René, petit garçon à la recherche de son lapin ? René, homme au crépuscule de sa vie, à la recherche de ses blessures enfouies ?
    Ou encore Judith, sa fille, à qui René révélera la terrible histoire de son enfance volée et de sa véritable identité par l'intermédiaire du rêve ?

  • Un récit de haute fantaisie mêlant religion, mythologie et littérature, jouant de l'érudition et de l'anachronisme, dans lequel l'ange Gabriel, chargé de la Visitation, confond Marie avec d'autres femmes...

  • #j'accuse...! Nouv.

    #j'accuse...!

    Jean Dytar

    Dreyfus, cette fameuse Affaire qu'on évoque sans vraiment la connaître, je suis allé l'explorer, voir ce qui s'est écrit dans la presse en cette fin de XIXe siècle, lire les témoignages des protagonistes, comprendre quels rapports de forces étaient alors à l'oeuvre, par quels rouages les choses se sont configurées. Et j'ai été tout simplement sidéré par les résonances avec notre époque...

  • mémoires effondrées Nouv.

    mémoires effondrées

    Baya

    "2044. Antoine Donelli, naguère comédien en vue, vient de s'éteindre. Fin d'une vie d'homme dans un monde incertain et chaotique. Mais comment en est-on arrivé là ? "

  • tananarive Nouv.

    L n'est jamais trop tard pour vivre une grande aventure.

    Au soir d'une vie rangée et précautionneuse, un notaire en retraite va partir à l'aventure pour la première fois de son existence. Petite aventure, mais véritable odyssée pour lui. Lancé aussi vite que ses vieux os le lui permettent sur les traces d'un hypothétique héritier, au volant d'un coupé qui n'avait jamais quitté le garage et accompagné d'un curieux passager, il va découvrir qu'il n'est jamais trop tard pour en apprendre sur les autres...
    ... et sur soi-même.

    Fort d'une carrière de déjà plus de 20 ans, et de quasiment autant d'albums, Sylvain Vallée est devenu l'un des plus grands représentants de la ligne claire revisitée, héritée des grands maitres tout en faisant preuve d'une modernité indéniable. La magie de son dessin et de sa mise en scène graphique réside dans le fait qu'il en émane toujours la juste intention, le juste regard, la juste émotion... Il s'essaie avec succès et pour la première fois au roman graphique, en associant son talent à celui de Mark Eacersall, dont l'écriture cinématographique, tout en rythme, en pleins et déliés, trouve ici un adoucissement et une tendresse, liés au sujet abordé, sans rien perdre de son mordant. Les auteurs, tous deux primés à Angoulême (pour Il était une fois en France et GoSt 111), associent leurs talents de conteurs dans ce road trip initiatique, drôle et poétique, révélant des sentiments profonds et humains, dont la saveur subsiste encore en nous bien longtemps après la lecture de cet album aussi singulier qu'universel.

  • Zaza Bizar Nouv.

    Zaza Bizar

    Nadia Nakhlé

    • Delcourt
    • 8 Septembre 2021

    Élisa, surnommée Zaza Bizar par les enfants de son école, souffre de troubles du langage. Roman graphique poétique sur le thème de la différence, cet album décrit le paradoxe d'une parole empêchée et d'un langage libéré.
    Élisa, 8 ans, surnommée Zaza Bizar par ses camarades de classe, souffre de troubles du langage. Loin des railleries des « enfants moqueurs », Élisa trouve refuge auprès de son journal intime, auquel elle confie ses révoltes et ses rêves. Au fil des pages, l'enfant apprend à surmonter ses peurs et se construit un monde imaginaire dans lequel sa singularité a toute sa place.

  • Deux cents ans après sa naissance, Baudelaire continue de marquer les générations et le poète plane sur l'oeuvre d'Yslaire depuis les origines. C'est pourtant Jeanne Duval, celle que le poète a le plus aimée et le plus maudite, que le dessinateur a choisie pour revisiter dans ce chef-d'oeuvre la matière sulfureuse et autobiographique des Fleurs du mal.

    De Jeanne, pourtant, on ne sait presque rien, ni son vrai nom, ni sa date de naissance, ni sa date de décès. Aucune lettre signée de sa main ne nous est parvenue. Restent quelques témoignages, des portraits dessinés par Baudelaire lui-même, une photo de Nadar non authentifiée, sans oublier les poèmes qu'elle lui a inspirés. Jeanne, "c'est l'invisible de toute une époque" qui réapparaît dans la résonance féministe de la nôtre. Elle qui était stigmatisée comme mulâtresse, créole et surnommée "Vénus noire" en référence à la "Vénus hottentote", aimante tous les préjugés d'un siècle misogyne et raciste.

  • L'avènement d'un ange exterminateur.

    Paris, de nos jours. Mickaël a le don de synesthésie : il est capable de voir les sons. Son cerveau interprète la musique, il la matérialise sous ses yeux, et les notes et les vibrations prennent ainsi la forme de couleurs et de figures géométriques. Après une soirée de trip pendant laquelle il s'amuse à repousser les limites de sa perception à l'aide de THC, il ouvre par hasard la porte d'un nouvel état de conscience. Son troisième oeil s'est révélé. Autour de lui-même autant que de tous les êtres vivants, il perçoit les contours d'auras aux apparences multiples. Instinctivement, il comprend que ces ectoplasmes colorés aux formes improbables traduisent les pensées, les émotions et l'état de santé des personnes qu'ils entourent. Cette dimension nouvelle pour ses sens grise et fascine Mickaël. La réalité s'ouvre à un nombre infini de possibilités métaphysiques inédites. C'est comme si la magie existait... Bientôt toutefois, la rêverie prend fin. Mickaël réalise que parmi cette faune de phasmes étranges et indifférents, on rencontre aussi des êtres malveillants : des démons, prenant la forme de parasites immondes qui possèdent les gens mal intentionnés. Ils en ont après sa vie et s'il veut se défendre, Mickaël va devoir exploiter son nouveau pouvoir. Ainsi débute sa formation de « Veilleur du Crépuscule »... Renouant avec la veine de Xoco, Olivier Ledroit livre ici un thriller fantastique contemporain situé dans un Paris mystique et nocturne. L'artiste fait de la capitale un véritable personnage à part entière, dont il se régale à mettre en scène toute la dimension ésotérique et occulte des hauts lieux (les flux d'énergie mystiques qui passent en des lieux comme Notre-Dame, l'Arc de Triomphe, le Louvre, etc.). Une nouvelle trilogie ténébreuse dont l'auteur a le secret, peuplée de représentations sombres, sublimes et délirantes.
    Une expo-vente des originaux de l'auteur à la galerie Glénat se tiendra à l'automne. Une édition collector à tirage limité sera publiée à cette occasion.

  • Veuve depuis peu, Suzette repense à Francesco, son premier amour, perdu de vue il y a 60 ans. Sa petite-fille Noémie l'invite alors à partir à sa recherche. Sur la route de l'Italie, les deux femmes vont, du haut de leurs générations et de leurs expériences respectives, échanger sur la vie de couple, l'engagement et les histoires qui durent... Et s'il n'y avait pas d'âge pour vivre le grand amour ?

  • le sel et le ciel Nouv.

    "Il sera une fois une mer asséchée, dont le sel aura brûlé tous les regards. "

  • les contes drôlatiques d'après Honoré de Balzac Nouv.

    C'est à partir de 1832 qu'Honoré de Balzac écrivit Les cent contes drolatiques : un changement de style et de ton, loin du Père Goriot et d'Eugénie Grandet, mais se voulant un hommage à Rabelais pour lequel Balzac avait une grande admiration.
    Après Céline et Boris Vian, Balzac entre au panthéon des adaptations littéraires en bande dessinée sous le crayon de ces magiciens de l'image. Paul et Gaëtan Brizzi adaptent quatre des contes écrits par Balzac en « vieux » français en hommage à Rabelais : des histoires lestes et drôles, truculentes et satiriques, dont l'action se passe en Touraine au XVe siècle.
    Des trente contes écrits, Paul et Gaëtan Brizzi en ont retenus quatre. Chaque histoire est introduite par Honoré de Balzac en personne. Il fallait le culot, la culture et le talent des deux frères pour s'attaquer à cette oeuvre de Balzac déjà illustrée par les plus grands : Gustave Doré, Dubout, Robida...

  • éveils

    Juliette Mancini

    Grandir. Se confronter aux autres, faire face aux premières déconvenues, au regard de l'autre, aux attentes du monde. Et puis faire des découvertes. Comprendre, se révéler à soi, aux autres. Se construire. A travers des bribes de sa vie et de son parcours, Juliette Mancini se raconte, elle, mais aussi le monde dans lequel elle a grandi. La légende viriliste du grand-père qui a fait la guerre ; les premiers clichés sexistes (la force des garçons, la grâce des filles) ; la première main aux fesses dans la foule, la peur et la honte qui surgissent, mais aussi la découverte qu'on peut être désirable.
    En choisissant ces moments marquants, où en tout cas significatifs de sa vie et de son parcours, en les déconstruisant avec la plus grande acuité, Juliette Mancini réussit une prouesse trop rare, celle de transformer le particulier en universel. Avec pudeur, délicatesse, intelligence, et juste ce qu'il faut de mise à distance, elle nous promène ainsi de l'enfance à l'âge adulte, de l'acceptation de fausses évidences au déboulonnage des mythes, pour mieux décortiquer les injonctions d'une société si prompte à nous assigner des rôles.
    Son précédent livre, De la Chevalerie, s'intéressait déjà aux mécanismes de la domination, et, sans manichéisme, relevait avec justesse la complexité de ces mécanismes, refusant la (trop) simple dualité dominant-dominé. C'est la même finesse d'analyse qui est à l'oeuvre ici, en démontrant, par exemple, comment le regard de l'autre peut avoir quelque chose de tour à tour flatteur, inquisiteur ou avilissant.
    Elle nous rappelle aussi à quel point les paradoxes et les contradictions semblent être le propre de l'être humain ; mais aussi, sans doute, ce qui en fait sa richesse. Avec Eveils, Juliette Mancini signe une oeuvre forte, un livre ouvertement politique, qui, bien plus que d'asséner des vérités toutes faites, invite à la réflexion. Une grande réussite.

  • le jardin

    Gaëlle Geniller

    Années 1920. Rose est un garçon, et comme toutes les filles qu'il fréquente depuis sa naissance au cabaret dirigé par sa maman, il veut danser. Avec ce second livre, l'autrice de 24 ans, Gaëlle Geniller, frappe fort.
    "Le Jardin" est un cabaret parisien au succès grandissant dirigé par une femme. Toutes celles qui y travaillent ont un nom de fleur et l'ambiance y est familiale. Rose, un garçon de 19 ans, est né et a grandi dans cet établissement. Il souhaite à son tour être danseur et se produire sur la scène, devant un public, comme ses amies. Il va rapidement en devenir l'attraction principale.

  • Sur une plage, le destin de 13 personnages va se retrouver bouleversé par un événement inconcevable, un basculement de la réalité qui va plonger cette petite troupe dans un abîme de questionnements. Face à cet événement fantastique, les protagonistes de Château de sable vont d'abord traverser une phase bien humaine de dénégation tendue et conflictuelle, puis viendra la période de l'acceptation, quand les masques seront tombés et qu'il faudra bien composer avec la nouvelle donne, car le temps est compté... Face à un destin qui s'échappe inexorablement comme une poignée de sable entre les doigts, chacun réagira à sa manière - mais comment et que faire quand un coucher de soleil peut être synonyme de fin? Récit complet et complexe, où la situation est plus importante que l'explication, Château de sable balance tout au long de ses cent pages entre noirceur et humanisme, pour former à l'arrivée un conte moderne, cruel et passionnant.

  • jours de sable

    Aimée De Jongh

    • Dargaud
    • 21 Mai 2021

    Washington, 1937. John Clarke, journaliste photoreporter de 22 ans, est engagé par la Farm Security Administration, l'organisme gouvernemental chargé d'aider les fermiers victimes de la Grande Dépression. Sa mission : témoigner de la situation dramatique des agriculteurs du Dust Bowl. Située à cheval sur l'Oklahoma, le Kansas et le Texas, cette région est frappée par la sécheresse et les tempêtes de sable plongent les habitants dans la misère.



    En Oklahoma, John tente de se faire accepter par la population. Au cours de son séjour, qui prend la forme d'un voyage initiatique, il devient ami avec une jeune femme, Betty. Grâce à elle, il prend conscience du drame humain provoqué par la crise économique. Mais il remet en question son rôle social et son travail de photographe...



    Après Le Retour de la bondrée (Prix Saint-Michel du meilleur album) et L'Obsolescence programmée de nos sentiments (en collaboration avec Zidrou, Prix d'argent du Japan International Manga Award), Aimée de Jongh signe un récit émouvant, inspiré par des faits historiques et nourri par un séjour sur place.

  • Protéger les siens. Lâchez les chiens.

    Chine, 2089. La politique chinoise de l'enfant unique a eu des conséquences catastrophiques :
    Les femmes ne représentent dorénavant plus qu'un pourcentage inférieur à 1% de la population.
    Devenues marchandises inestimables, elles sont la proie de milices clandestines qui organisent des rapts sur l'ensemble du territoire. Piao, la soeur de Chen, est l'une des nombreuses victimes de ces expéditions. Chen assiste impuissant à l'enlèvement de sa petite soeur et garde de cet événement une colère vive qui ne demande qu'à être consumée. C'est le début d'une enquête à couteaux tirés, brutale et fulgurante, la course désespérée d'un homme qui n'a plus rien à perdre.

    Dans une Chine mise en péril par des éléments dégénérés et parasites, Chen invoque la puissance d'un récit d'action cinématographique dans une fable dystopique et sociale. C'est le combat d'un homme motivé par l'amour des siens face au vice et à la corruption.

  • Trente ans après une première salve d'aventures (voir l'anthologie En attendant l'Apocalypse), Dope Rider remonte en selle pour une série de récits en une planche. Le cow-boy fétiche de Paul Kirchner est resté le même, ses activités se résumant essentiellement à rouler des joints, fumer des bongs, ou encore courir après ses hallucinations dans des rêveries métaphysiques... Mais de fréquentes déchirures dans la trame de la réalité conduiront Dope Rider à croiser sur sa route aussi bien John Wayne que les Loney Toones, à participer à la mission Appollo 11, ou encore à voyager dans des versions revues et corrigées de la Batmobile et du sous-marin jaune des Beatles.
    Se jouant de la perspective comme de la langue et des barrières culturelles, ces planches sont pour Paul Kirchner l'occasion d'inventer des paysages oniriques originaux tout en convoquant une multiplicité de références, issues aussi bien de la culture pop récente que de la contre-culture hippie, des cosmogonies amérindiennes que de l'âge d'or des années 1950. Comme si le projet-même était un prétexte pour revisiter le patrimoine mythologique américain, dans toute sa diversité.
    Quoiqu'il en soit, Dope Rider ne s'amuse (et n'amuse) jamais autant que lorsque qu'il renvoie dos-à-dos des élucubrations new age et la réalité, semblant pointer l'absurdité de toute chose. Dope Rider se moque de tout et reste finalement très humain dans son attachement pragmatique à la satisfaction de son besoin de base : se défoncer.

  • j'ai tué le soleil

    Winshluss

    Avec pour unique bagage un sac à dos et un fusil à la main, un homme marche en quête de nourriture. Il tente de survivre jour après jour dans une nature belle mais sauvage. Et il s'en sort plutôt bien, quand il n'est pas surpris par un ours ou par une meute de chiens errants. Calme, il paraît pourtant seul au monde. Qui est-il? Pourquoi son regard vrille-t-il d'un coup lorsqu'il découvre une empreinte de chaussure dans la neige? Pour son retour à la bande dessinée adulte, Winshluss traite de la notion de trauma dans un récit survivaliste apocalyptique d'une grande force visuelle.

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