Sherwood Anderson

  • Sherwood Anderson déploie tout son talent de conteur dans ce recueil de vingt-neuf nouvelles sélectionnées dans ses oeuvres complètes et parfaitement représentatives de son univers. Observateur hors pair de la vie sociale, il pénètre avec clairvoyance et précision jusqu'au tréfonds de l'âme de ses personnages.
    Ces courts récits racontent souvent, sans tabous ni détails superflus, le quotidien d'hommes et de femmes issus de milieux défavorisés, à la psychologie complexe et torturée, des personnages en quête d'accomplissement dont le désir n'est jamais assouvi. Les nouvelles possèdent également un côté plus lumineux : l'auteur évoque sa propre vie de vagabond, son désir d'ailleurs et de voyages, cette perception aiguisée que l'on développe quand on est étranger dans une ville ou un pays. La plupart ont d'ailleurs une forte dimension autobiographique et beaucoup sont écrites à la première personne. Bien que le recueil se caractérise par une forte unité stylistique, chaque nouvelle est différente des autres et se déguste doucement, de Telle une reine qui parle d'une femme qui a connu beaucoup d'hommes mais a compté d'une manière particulière dans la vie de chacun, au Triomphe du moderne, dont le protagoniste est un peintre raté qui écrit une lettre extraordinaire à sa vieille tante malade et se retrouve désigné héritier de sa fortune par la simple puissance de ses mots... Un petit bijou d'humanité.

    Ajouter au panier
    En stock
  • «Au commencement du monde, il y avait d'innombrables pensées, mais ce qu'on appelle une vérité n'existait pas encore. C'est l'homme qui fabriqua les vérités, et chaque vérité est composée d'un grand nombre de pensées vagues. Les vérités étaient éparses dans l'univers et voilées de beauté.
    Le vieillard énumérait dans son livre des centaines de vérités. Je n'essaierai pas de vous les nommer toutes. Il y avait la vérité de la virginité, et la vérité de la passion, les vérités de la richesse et de la pauvreté, de l'avarice et de la prodigalité, de l'insouciance et de l'abondance. il y en avait des centaines et des centaines, et elles étaient toutes belles.
    Les gens apparaissaient alors. Chacun arrachait une vérité en passant et quelques-uns, qui étaient particulièrement forts, en arrachaient une douzaine. C'étaient les vérités qui rendaient les gens grotesques. Le vieillard avait édifié toute une théorie sur ce sujet. Sa conception était qu'au moment où l'un des individus accaparait une des vérités, la nommait sienne et essayait d'y conformer sa vie, il devenait un grotesque et transformait en mensonge la vérité qu'il étreignait».

    Winesburg-en-Ohio est certainement le recueil le plus connu de Sherwood Anderson, où son talent de nouvelliste amusé et incisif fait merveille.

  • Roman d'initiation et success story, Pauvre Blanc emprunte son décor à l'Amérique rurale du Deep South qui voit s'opérer, à la fin du xixe siècle, un prodigieux essor économique. Son héros, Hugh, le « pauvre Blanc », quittera les rives boueuses du Mississippi pour devenir l'inventeur richissime d'une machine à planter les choux. Mais le progrès est-il synonyme de bonheur ? Il y a chez Sherwood Anderson un amour profond pour l'Amérique, ses villes, ses paysages, ses personnages, pour tous ceux dont il fut le chroniqueur indulgent, perspicace et désabusé.

  • "Here [is] a new order of short story," said H.L. Mencken when Winesburg, Ohio was published in 1919.  "It is so vivid, so full of insight, so shiningly lifelike and glowing, that the book is lifted into a category all its own."  Indeed, Sherwood Anderson's timeless cycle of loosely connected talesin which a young reporter named George Willard probes the hopes, dreams, and fears of the solitary people in a small Midwestern town at the turn of the centuryembraced a new frankness and realism that ushered American literature into the modern age.  "There are moments in American life to which Anderson gave not only the first but the final expression," wrote Malcolm Cowley.  "Winesburg, Ohio is far from the pessimistic or morbidly sexual work it was once attacked for being.  Instead it is a work of love, an attempt to break down the walls of loneliness, and, in its own fashion, a celebration of smalltown life in the lost days of good will and innocence."From the Hardcover edition.

  • C'est un des meilleurs écrivains américains de la " grande époque ", un des pionniers de cette littérature qu'on a appelée " moderniste ".
    Hemingway, à ses débuts l'a imité (voire plagié). Faulkner l'a admiré, au point de le désigner comme " un géant parmi les pygmées ". Sherwood Anderson (1876-1941), pourtant, est aujourd'hui, sinon vraiment inconnu, du moins un peu oublié. Et son oeuvre, si elle a été largement traduite en français dans les années 1920-1930, puis dans les années 1960-1970, est de nos jours quasiment introuvable en librairie.
    Cette raison suffirait à elle seule à justifier la présente édition. Mais il en est une autre : Sherwood Anderson aimait les chevaux ! Il les a compris mieux que quiconque, et a su en parler avec une justesse, une sensibilité, une émotion inégalées dans la littérature contemporaine. Quatre de ses nouvelles ont pour contexte le monde des galopeurs. Quatre nouvelles dans lesquelles Anderson (qui rêvait " d'écrire aussi bien que courent les pur-sang ") déploie tout son art de la narration, et tout son génie à exprimer les ambiguïtés et incertitudes amoureuses de l'adolescence.
    Dans ces quatre histoires, ancrées dans l'Amérique rurale (le Middle West) à une époque déjà lointaine (" l'âge du cheval "), Sherwood Anderson met en scène des personnages à peine sortis de l'enfance, et leur prête un langage - une sorte d'oralité réinventée - qui contribue beaucoup au charme (et à l'originalité) du style andersonnien. Rédigées entre 1919 et 1923 (et publiées ici dans l'ordre chronologique), ces quatre nouvelles sont quatre petits chefs-d'oeuvre, qui permettront une véritable redécouverte d'un des plus grands écrivains américains du XXe siècle.
    Plusieurs annexes, dont une bio-bibliographie de Sherwood Anderson, complètent ce recueil, présenté par Claire Bruyère, éminente spécialiste de la littérature américaine (Paris vil, Denis-Diderot), qui a consacré à Anderson sa thèse de doctorat et deux ouvrages.

empty