Cartouche

  • Au début des années cinquante, avant de devenir le célèbre dramaturge joué dans le monde entier, Armand Gatti est journaliste.
    Ses articles sont déjà remarqués lorsqu'il se lance, avec passion, dans une série de reportages sur le monde étrange des animaux indociles, des fauves captifs et de leur dressage. Lion, tigre, ours, panthère : chaque bête a sa particularité, sa férocité bien à elle. Comment faire face au danger pour arriver à se rendre complice d'un animal sauvage ? Gatti n'hésitera pas à entrer dans la cage aux fauves.
    Les impressions qu'il en retirera constituent l'un des plus beaux hommages au monde du cirque et à l'ivresse procurée par la compagnie des animaux sauvages. Cet " apprentissage de la peur " sera récompensé par le prix Albert Londres en 1954.

  • Au cours de l'été 2009, des heurts sanglants opposent la minorité ouïghoure à la majorité han à Urumqi, capitale du Turkestan oriental - ou Xinjiang selon la terminologie officielle.
    Etouffés par le rouleau compresseur de la propagande chinoise et par une répression policière tous azimut, les motifs de ressentiment de cette population musulmane et turcophone de l'extrême-ouest de la Chine sont soigneusement endigués par Pékin. Journaliste clandestine dans l'une des zones les plus militarisées du pays, Sylvie Lasserre confronte les informations recueillies auprès de Rehiya Kadeer, leader en exil de l'opposition ouïghoure, avec ce qu'elle observe sur place de l'asphyxie méthodique d'une culture minoritaire.

  • L'auteur de Touchez pas au grisbi, Le Cave se rebiffe et Grisbi or not Grisbi (devenu à l'écran Les Tontons flingueurs) évoque dans cette truculente fantaisie littéraire l'univers des truands, qu'il a toujours dépeint talentueusement.
    Simonin use à merveille de formules dont Michel Audiard partageait le savoir-dire, prodiguant conseils et recommandations dans un style aussi percutant qu'efficace, employant la langue verte avec une telle aisance que Léo Malet le surnomma " le Chateaubriand de l'argot ".


  • " cet essai de définition suffit, je crois, pour présenter achille zavatta comme un des meilleurs artistes de la piste, un des clowns-augustes parmi les plus efficaces dans le domaine réconfortant du rire arrière-pensée.
    ".

  • Francis de Miomandre fut un fieffé polygraphe ! Auteur de près de quatre-vingt ouvrages empruntant aux genres poétiques et romanesques, relevant de l'essai littéraire, de la critique d'art, du traité animalier ou gastronomique, abordant des sujets aussi divers que le caméléon, la mode, les casinos, les zombies (c'est le titre de l'un de ses romans paru en 1935), l'art de boire et de fumer, ou. la laideur.
    Dans ce court essai paru en 1925, plein d'une ironique légèreté et d'une érudition aérienne, Francis de Miomandre s'emploie à prendre le contre-pied de l'idéal de beauté par lequel tout le monde jure, et à réhabiliter la laideur, rien d'autre finalement que le commun, le banal, le quotidien, l'imparfait, la réalité en somme.

  • En noir et blanc, au gré des albums, à nos yeux empathiques, se dévoile toute la diversité du Monde, fière et curieuse, scarifiée, parfois inquiétante, masquée, armée de lances et de ses fétiches protecteurs, élégante, parée ou nue.

  • Loups verts (les)

    Claude Seignolle

    De la Sologne sauvage à l'Allemagne nazie, l'Europe, en 1944, n'est plus qu'un vaste champ de bataille, dévasté par la haine et la folie guerrière.
    Violence, cruauté et bestialité semblent les seules valeurs capables d'animer les hommes, transformés en hordes de loups. Comment, "même si l'on est un bateleur de chimères, trouver un sens à une existence écrasée par la barbarie ? Claude Seignolle, conteur de l'étrange, dont la plume est un scalpel, " malade du voir et amoureux du dire ", nous fait revivre, dans une saignée d'images, son périple halluciné au travers d'une époque où le cauchemar tient souvent lieu de réalité.
    L'auteur des Évangiles du Diable offre ici un récit dont l'atmosphère fantastique se mêle à l'expérience vécue.

  • Le Voyage sur la Côte occidentale de l'Afrique, conservé dans un unique manuscrit du XVIe siècle, renferme le récit d'un voyage réalisé par Eustache de La Fosse, marchand flamand, originaire de la ville de Tournai en Belgique, à la fin du XVe siècle.
    Son récit fourmille d'informations sur les vocables des indigènes, les chemins et les routes, les détails vestimentaires, les vieilles légendes des pays traversés tout comme les superstitions ou certains us et coutumes locaux. L'auteur n'omet pas non plus de narrer avec force détails aussi bien les dangers que les péripéties qui ont jalonné son périple et dont, plus d'une fois, il n'aurait pas dû réchapper.
    Il passe par les Iles Canaries, le Rio de Oro, le Cap Blanc, le Cap Vert, la Sierra Leone, atteint l'Île de la Maniguette, puis Elmina le samedi 17 décembre 1479, jusqu'à ce quatre navires portugais assaillent son bateau, le canonnent, le prennent, le pillent et fassent prisonnier le capitaine.
    ??

    ??

    ??

    ??

    1

  • Au beau milieu de la Chine, entre déserts d'Asie centrale, prairies mongoles et hauts plateaux tibétains, il y a les Salars. Venue des steppes, tour à tour fantasme absolu de l'amitié entre les peuples ou pire cauchemar de l'identité nationale, cette minorité turco-mongolo-sino-tibétaine musulmane un peu oubliée aujourd'hui fit pourtant la une des actualités chinoises au tournant des XIXe et XXe siècles. Pourquoi ? C'est un des mystères que ce road movie historiographique tente d'élucider en interrogeant les mémoires des Salars. Vieux savants, jeunes mollahs, maîtres soufis, taxis cascadeurs, gosses turbulents ou simples passants, tous remontent le cours du temps pour faire revivre l'odyssée historique d'un monde en pleine découverte de lui-même.

  • Gens d'arusha (les)

    Bonvent/Lise

    Lise Bonvent atterrit à Arusha, en Tanzanie, au cours de l'automne 2008 pour participer en tant que magistrate aux débats du Tribunal pénal international (TPI) pour le Rwanda. L'auteur porte un regard sans complaisance sur les arcanes de la justice internationale, fustige l'arrogance de certains de ses représentants, dénonce la manière dont sont traités les témoins ou déplore le manque de moyen qui affecte le beau rêve d'un tribunal universel dévolu à traduire les auteurs de crimes particulièrement atroces perpétrés contre leurs semblables. Mais le livre est aussi le récit d'un voyage à l'intérieur de ce pays, le Rwanda, dont les collines vertes sont encore imprégnées du sang des centaines de milliers de victimes du dernier génocide du XXe siècle.
    />

  • L'auteur qualifie son roman de sotie contemporaine. Et celle-ci, qui prend pour théâtre le petit monde politique français, est aussi féroce que débridée, réinterprétant en matière romanesque ce que la réalité déverse de médiocrité, de compromissions égoïstes et de mesquineries démagogiques. Attila Vavavoom, le président sortant, affronte Céleste Chakanaka, la candidate d'opposition (une Black ex-championne de lancer de marteau). Le jour des élections, Parole oublie d'aller voter parce qu'« il a poker. » Cette abstention involontaire aura des conséquences incalculables sur le scrutin et sur la vie du personnage

  • Cabinet de reflexion

    Adde/Jean-Luc

    Découvrez Cabinet de réflexion - Un itinéraire maçonnique, le livre de Jean-Luc Adde. Photographe bien connu du monde maçonnique, Jean-Luc Adde est familier des collections privées, comme des signes qui jalonnent notre environnement quotidien et que ne peut déceler qu'un oeil exercé, tel détail d'une façade, d'une tombe, d'un monument où les symboles sont dissimulés par la végétation ... ou des pigeons en train de roucouler. Fidèle à ses maîtres mots, émotion et authenticité, il a choisi de ne pas cloisonner sa vision d'un univers habité de tableaux sensibles.
    Au gré des formules qu'il a retenues pour ponctuer ce vaste Cabinet de réflexion, les frontières s'estompent entre les époques et les voies. Les objets, les symboles vénérés, juxtaposés sous la bannière commune de la franc-maçonnerie, sont plus que divers, par leur fonction d'origine autant que par les matières dont ils sont composés. Le bois, l'ivoire ou encore la soie patinés par l'usage et le temps revivent sous le regard averti du photographe. Acteurs faussement muets d'une réunion d'un nouveau genre, ces dizaines de nos mystères, sévères ou souriants, nous contemplent.

  • Nous,les Fratellini

    Albert Fratellini

    " Je suis un vieux clown, le plus vieux clown français, et que l'on me traite de paillasse, de baladin ou de grotesque, rien ne saurait me faire davantage plaisir ".
    Albert Fratellini.

  • Aux confins orientaux de l'Europe, coincée entre la Russie orthodoxe et les enclaves musulmanes du Caucase, la République autonome de Kalmoukie cultive sa différence de nation...
    Bouddhiste. A sa tête, un énigmatique président milliardaire, qui fut jadis champion international d'échecs, gouverne depuis son palais monumental et vide. En atterrissant chez ces anciens nomades descendants des tribus mongoles de Gengis Khan, l'auteur était résolu à découvrir la steppe kalmouke et son potentiel touristique, à rencontrer un harde passé maître dans le chant diphonique et à s'entretenir avec le président de la seule entité nationale bouddhiste d'Europe, qui tente de faire de sa capitale le centre planétaire des échecs.

  • Alors qu'éclate l'insurrection des indigènes noirs, descourtilz est réquisitionné comme médecin dans l'armée rebelle du célèbre toussaint-louverture.
    Il est chargé de rassembler tous les colons blancs du cap, réfugiés dans les collines. toussaint-louverture les enverra de l'autre côté de la rivière de l'artibonite, là ou ils devaient être libérés. finalement ils furent tous poursuivis et massacrés. descourtilz témoigne de la sauvagerie des combats et dresse un portrait politique et botanique du premier état indépendant édifié par d'anciens esclaves.

  • Sans jugement

    Bonvent/Lise

    Que peut décider au quotidien un juge pour enfant ? a une époque où les jeunes deviennent victimes et bourreaux, dans une société qui leur laisse pas toujours une seconde chance, ces impressions en forme de récit dépeignent le quotidien et le désarroi d'une magistrate face aux turpitudes de l'enfance.
    Un recueil de " saynètes " troublant d'humanité et de vérité, dévoilé sans jugement.

  • Au printemps de l'année 2004, un important magazine gay et lesbien demande à Didier Eribon de s'exprimer dans ses colonnes sur l'actualité politique, littéraire et intellectuelle... L'auteur du désormais classique Réflexions sur la question gay accepte et, pendant trois années, mois après mois, il va confronter ses analyses à ce qui se passe dans le champ social et théorique, en France et à l'étranger. Si bien que le recueil de ces chroniques compose un étonnant essai de philosophie radicale adossé aux politiques minoritaires.

  • Claude aveline - grand admirateur d'anatole france - nous raconte, dans ce texte bref et brillant, les aventures d'un exemplaire des désirs.
    Vous découvrirez comment celui-ci s'est vu amputé de ses belles marges par un poète sans vergogne, la façon dont il a été vendu aux enchères pour se retrouver entre les mains d'une chanteuse de l'opéra-comique, et enfin, son retour dans la bibliothèque du grand pâtissier et adepte francien : m. renard.

  • Casa, la casa fait suite à Vivre me tue.
    "Suite" n'est pourtant pas vraiment le terme approprié pour qualifier ce qui s'apparente davantage à la poursuite d'une quête, quête d'identité, quête initiatique hilarante, caustique, désabusée de l'auteur-narrateur s'envolant vers le Maroc à la recherche de ses racines. Mais là encore, l'association des mots auteur et narrateur s'avère abusive. Car si le héros (ou l'antihéros) porte effectivement le nom de l'auteur, rien n'est plus éloigné de la démarche autobiographique que cette entreprise où le narrateur revendique son statut de personnage de fiction, de double romanesque d'un écrivain qui, en réalité, ne s'est jamais appelé Paul Smaïl, identité fictive, pseudonyme de circonstance.

  • Vrain Lucas, modeste autodidacte, fabriqua, de 1861 à1869, plus de 27 000 fausses le vendit au scientifique Michel Chasles d'ouvrages réputés pour leur sérieux, l'un des fondateurs de la Société mathématiques Lettres de Cléopâtre à Jules César, de Vercingétorix, de Charles Martel au " duc des Maures " de Rabelais à Luther, de Platon, Jeanne d'Arc, Pascal au " jeune Newton ", tendant à prouver que le Français était le véritable couvreur des lois de la gravitation universelle...
    Un secrétaire très particulier pose un regard inédit sur l'Histoire, dans l'une des plus extraordinaires mystifications du XIXe siècle.


  • au lendemain de l'effondrement de l'urss, dans le sud de la moldavie, une région grande comme les yvelines proclame son autonomie.
    la république de gagaouzie est née ! du leader de l'opposition politique au diplomate d'une institution internationale, en passant par un peintre un peu mystique ou un député survolté, voyage au pays des gagaouzes interroge les observateurs et les représentants de ce peuple de langue turque mais de religion chrétienne, et mène l'enquête partout oú se manifestent les symboles de l'identité nationale.


  • L'immortel

    Alphonse Daudet

    voici enfin un alphonse daudet, sous son visage le moins connu : celui d'un romancier au ton bien plus acide et ironique que du temps de nos années de lycée.
    ce roman dans lequel il décrit les coulisses de l'académie française à travers le professeur leonar astier-réhu, auvergnat solide et têtu, est le couronner de la longue polémique qui a toujours mis aux pris les tenants de la liberté en art et les représentants de l'esprit réactionnaire de l'académie. le professeur astier-réhu consacrera toute sa vie l'érudition dans le seul but de faire partie de la vénérable " coupole de temple ".
    une satire toujours contemporaine... parce qu'immortelle.

  • Le tombeau des amants

    Anonyme

    Contrairement à ce que l'on aurait tendance à croire, le thème de l'homosexualité n'est pas rare dans la littérature chinoise, notamment à la fin de la dynastie Ming (1368-1644).
    Toutefois, ce motif particulier reste invariablement traité, à cette époque, au sein d'un genre érotique qui laisse peu de place à l'expression de sentiments véritables et profonds, donnant une impression de légèreté certes plaisante mais souvent, hélas, frustrante pour le lecteur. Seul le Tombeau des amants, composé vers 1635 et dont nous proposons ici la traduction inédite en français, évoque une romantique, quoique tragique, histoire d'amour entre deux jeunes étudiants, et ce sans jamais sacrifier à la crudité et la facilité de scènes lestes.
    L'oeuvre est placée à la fin d'un recueil de huaben, genre littéraire qui connut une vogue aussi fulgurante qu'éphémère au milieu du XVIIe siècle et que l'on a tendance à rapprocher de nos contes pour la brièveté de leur forme. Son auteur ne nous est connu qu'à travers le pseudonyme de Langxian, dont on sait seulement qu'il avait collaboré avec Feng Menglong (1574-1646), homme de lettres prolifique et lui-même auteur fameux de nombreux huaben.

  • On ne reçoit en France que de trop parcimonieux échos de l'effervescence créatrice qui agite la Corée depuis la chute de la dictature, il y a une vingtaine d'années.
    Le cinéma coréen, dont les écrans français donnent de temps à autre un aperçu, fournit de saisissants témoignages de cet audacieux dynamisme, que connaît aussi la littérature, notamment dans le domaine des nouvelles longues. Les trois textes réunis dans ce recueil saisissent sur le vif un quotidien très contemporain, celui des auteurs, tous nés après 1970 ; ils affichent aussi un goût prononcé pour la dérision et des situations au burlesque parfois déjanté.
    Deux pieds-nickelés se retrouvent emprisonnés à l'intérieur de la chambre forte qu'ils étaient en train de dévaliser et attendent que la police vienne les délivrer ; un chanteur frustré incapable de chanter en rythme dans la chorale de son lycée se met à courir les karaokés pour enregistrer les voix de casseroles ; enfin, "J'étais un maquereau", de Kim Tae-yong, qui donne son titre au volume, est aussi la première et unique phrase que s'avère capable d'écrire un homme subjugué par la page blanche...
    Ou comment se faire une idée de la Corée contemporaine.

empty