Michel Winock

  • Voici un Flaubert par lui-même et ses proches grâce à Michel Winock. Il nous montre d'où vient son exécration de son siècle qui ressemble souvent à une aversion pour l'existence elle-même et sa quête passionnée d'une transcendance qui se révèle très tôt celle de l'Art.
    On sait énormément de choses sur Flaubert, grâce à ses écrits de jeunesse, sa Correspondance, et aussi sur son travail, dont il a conservé les traces, des scénarios aux brouillons. Il faut un connaisseur comme Michel Winock qui lui a déjà consacré une biographie magistrale pour ordonner un ouvrage à base de citations. Il met au jour les thèmes récurrents dans son oeuvre, trie, classe, élague et ouvre des pistes auxquelles on n'aurait pas pensé. Il parle des lieux (Rouen) où, fils d'un médecin en vue, Flaubert a vu le jour en 1821 ; Croisset, sa thébaïde des bords de Seine où, épuisé de travail, il est mort foudroyé par une hémorragie cérébrale cinquante-neuf ans plus tard), et tout autant de ses amis (Sand, Tourgueniev...), de ses amours (aucunes ne lui réussirent vraiment), de ses tourments financiers et des anathèmes dont il accablait les "bourgeois" et ses éditeurs.

  • Jours anciens

    Michel Winock

    «En avançant dans notre obscur voyage», comme dit le vers de Lamartine, le temps transforme nos paysages familiers, si bien qu'à la longue on finit par se demander ce qui reste de nos jours anciens. Le vent des années siffle sur nos vies. Tout change, tout se métamorphose et nos souvenirs en miettes deviennent les traces d'un autre monde. C'est cet écart entre aujourd'hui et le monde d'hier que j'ai voulu franchir.
    Ce livre s'ouvre sur une époque quasi oubliée, comme un village submergé par la construction d'un barrage. Je ne relate pas mes jeunes années dans l'illusion d'un paradis perdu. Je ne veux donner ici ni à admirer un autrefois qui n'est plus ni à en réprouver les travers.
    /> J'invite simplement à la découverte d'un passé disparu mais qui nous parle encore.
    Le temps de mon enfance et de mon adolescence c'est celui de l'après-guerre et de la IVe République, les années précédant tout juste les «Trente Glorieuses». Des fils qui traversent ce récit on pourrait retenir la méritocratie scolaire et le rayonnement de l'héritage républicain, des moeurs surannées, la prégnance encore de la religion, l'optimisme et l'énergie d'une génération issue de la Seconde Guerre mondiale et, pour moi, une précoce passion politique.
    Sans vouloir rien démontrer, j'ai raclé mon violon sur mes photos sépia.

    Michel Winock.

  • Auteur d'une oeuvre gigantesque, Victor Hugo fait corps avec l'histoire du XIXe siècle qui l'a vu naître en 1802 et mourir en 1885. À lui seul, il en est un résumé des désastres et des espérances.
    Michel Winock dessine le portrait d'un homme aussi complexe que fascinant. Servi par une plume fluide, il nous retrace sa carrière d'écrivain, ses amours, sa famille, ses campagnes pour la justice, son combat contre la peine de mort, son exil, sa ferveur pour Napoléon Ier et sa colère contre Napoléon III, ses relations avec l'invisible... Un tableau passionnant qui éclaire de l'intérieur la conception du monde de cet homme-siècle qu'on ne cesse de redécouvrir.

  • Il a refait la France par deux fois. En 1940, à la suite d'un désastre militaire qui laisse un pays exsangue, déchiré, déboussolé. C'est l'heure du rebelle qui refuse la défaite. Il est presque seul, armé d'une volonté inflexible et de la certitude que la Résistance reste l'unique horizon et la condition même d'un retour de la nation à elle-même. Il n'en doutera jamais. La France libre est d'abord une affaire de résolution, politique et morale, qu'il saura incarner comme personne.
    Il refait la France encore en 1958, dans la bourrasque d'une guerre d'Algérie interminable dont on n'arrive plus à concevoir l'issue. C'est maintenant l'heure du restaurateur. Sur les décombres d'un régime décomposé, il crée, fort d'un large soutien politique, une nouvelle république.
    Michel Winock revisite ces deux moments où la France se trouve sommée de se réinventer.
    Il mesure le rôle que peuvent exercer les individus dans les infléchissements de l'histoire. Il interroge également le portrait d'un homme qui conjugue sans fard un audacieux esprit de réforme avec une notion aigue de la continuité historique de la nation. Il lui est arrivé de prendre quelque licence avec la légalité, mais sans relâcher son attachement à la démocratie, seul fondement légitime d'un pouvoir enraciné dans la volonté populaire.
    Comme d'autres grands hommes, le portrait de Charles de Gaulle paraît aujourd'hui irréductible à nos assimilations partisanes. Un demi-siècle après sa mort, il a fini par incarner ce qui nous unit encore.

  • Clemenceau

    Michel Winock

    « Georges Clemenceau fut l'homme aux quatre têtes : le Tigre qui déchire les ministères ; le dreyfusard, qui mène pendant neuf ans le combat du droit et de la justice ; le premier flic de France, qui dirige d'une main de fer pendant trois ans le ministère de l'Intérieur ; enfin le Père la Victoire qui, rappelé à 76 ans à la tête d'une France en guerre et au bord de l'abîme, conduit le pays jusqu'à l'armistice et la paix avec l'Allemagne. Ce radical, d'abord haï par la droite pour son anticléricalisme, puis par la gauche pour son sens de l'ordre et sa lutte contre le pacifisme, est un homme singulier, surprenant, apparemment contradictoire. Il se disait lui-même "un mélange d'anarchiste et de conservateur". Dans cet ouvrage, je me suis efforcé de mettre en relief son ambivalence qui le rend si difficile à "classer". Je le range cependant dans les rangs de la gauche, d'une certaine gauche qui avait été engloutie après la Seconde Guerre mondiale, mais qui pourrait reprendre force aujourd'hui : la gauche républicaine. Au-delà de l'éventail politique, il a été l'incarnation d'une "certaine idée de la France". Ce n'était pas exactement celle du général de Gaulle, mais tous deux ont eu la charge d'empêcher que la France disparaisse de la face de la terre ». (Michel Winock). Une étude du personnage avec ses contradictions assumées, mais aussi une analyse politique de l'homme, de son action et de son époque, qui prend une résonance particulière dans le contexte français actuel.

  • "Je porte en moi la mélancolie des races barbares, avec ses instincts de migrations et ses dégoûts innés de la vie, qui leur faisait quitter leur pays, pour se quitter eux-mêmes." Flaubert Peut-on lâcher son siècle ? Le détester, oui, lui préférer une Antiquité imaginaire, certes, mais Flaubert est entraîné dans les tourbillons du temps. Son oeuvre portera cette double marque : le rêve carthaginois d'un monde flamboyant à jamais disparu et la peinture vengeresse du siècle de Monsieur Prudhomme et du pharmacien Homais. Michel Winock porte un regard d'historien sur cette vie tout entière vouée à la littérature.

    Son dégoût proclamé de la vie, Flaubert ne l'a transcendé ni par l'expérience amoureuse, ni par la foi en Dieu, ni par quelque idéal politique, mais par la religion de l'Art, dont il fut un pèlerin absolu.

  • Cette histoire chronologique des intellectuels est moins une histoire des personnes, des idées, des oeuvres - mais elle est aussi tout cela - que le récit de leurs affrontements, de leurs amitiés ou de leurs haines.
    à travers les années barrès, les années gide, les années sartre, on renoue avec la réalité - et la symbolique - des événements, on redécouvre la chair de ces hommes - grands acteurs ou personnages secondaires - qui ont tenté, par leurs idées, leurs manifestes ou leurs cris, d'agir sur leur époque.
    Au-delà de leur vivante figure défile l'histoire du siècle, de l'affaire dreyfus, qui vit l'émergence du mot " intellectuel ", à la mort de sartre ou d'aron qui a paru sonner le glas pour les intellectuels.
    Encore que michel winock en doute.

  • «Prince de l'ambiguïté», personnalité ondoyante, maître de l'équivoque, François Mitterrand a souvent déconcerté ses contemporains : vichyste et résistant, homme de droite devenu chef de la gauche, anticommuniste allié aux communistes, dénonciateur de la Ve République dont il finit par incarner comme personne les formes et les usages les plus discutables. Cet homme doublement enraciné dans sa Saintonge natale et dans son fief du Nivernais, aussi féru de littérature et d'histoire que de politique, sut cultiver le secret, dérouter ses partisans et se montrer un jouteur de première force, combatif mais patient, stratège jamais découragé par l'échec.
    Chez Mitterrand, le privé et le public paraissent si intimement noués que l'un n'est intelligible qu'à la lumière de l'autre. Michel Winock les met en miroir pour explorer la vérité d'un enfant du siècle, qui a traversé les époques, les milieux et les idées sans jamais en renier aucun.
    Devenu Président, François Mitterrand a marqué en profondeur la vie politique française. Figure originale d'un monarque de gauche, il réussit à imposer l'alternance et, par là, à consolider la Constitution. S'il échoue à réaliser les espérances socialistes, il ouvre à la France le nouvel horizon de la construction européenne.
    Dans la maladie, cet épicurien fit preuve jusqu'à la fin d'un stoïcisme digne d'admiration. Honni ou adulé, il reste un grand homme politique du XXe siècle. Complexe, séduisant, attachant, détesté, il a suscité des fidélités inconditionnelles et des rancunes indélébiles. Plus on le découvre et plus on mesure ce qu'il a d'insaisissable.

  • Trois thèmes principaux font l'objet de ce livre, qui pourrait aussi s'intituler : le Moi national et ses maladies. D'abord le nationalisme - ou plutôt les nationalismes, car le mot peut recevoir plusieurs définitions : le nationalisme ouvert, issu de la philosophie des Lumières et des souvenirs de la Révolution, et le nationalisme fermé, fondé sur une vision pessimiste de l'histoire, l'idée de la décadence et l'obsession de l'identité.
    Ensuite, l'exploration des imaginaires et des mythes de l'extrême droite, voire de ses délires quand il s'agit de l'antisémitisme.
    Enfin, le bonapartisme et le fascisme sur lesquels une historiographie récente est revenue.

  • Madame de Staël

    Michel Winock

    • Pluriel
    • 3 Octobre 2012

    Germaine de Staël est aujourd'hui une illustre inconnue. Pourtant elle a côtoyé toute l'Europe des Lumières, exaspéré Napoléon par sa lucidité politique, connu la gloire littéraire à Vienne à Rome et à Londres, fait chavirer les coeurs, de Benjamin Constant au prince de Prusse, en passant par les jeunes hussards. C'est cette vie à bride abattue que Michel Winock dépeint ici avec bonheur, dans un récit troussé comme un film d'aventures. Celui-ci commence sur les genoux du grand Necker, son père, banquier puis ministre de la dernière chance de Louis XVI, et dans le salon de sa mère, où vient tout ce qui passe pour avoir de l'esprit à Paris. Sur fond de Révolution et de Restauration, d'exil en exil, on y verra Madame de Staël devenir une tête politique, une femme du monde, une amoureuse tourmentée, la romancière qui écrivit Corinne et, finalement, l'archétype de la femme romantique.

  • Forgée après la première guerre mondiale, l'expression " belle epoque " correspond-elle réellement aux années 1900-1914 qu'elle désigneoe pour certains mémorialistes, la misère, le chômage, la dureté de la condition ouvrière et paysanne éloignent cette quinzaine d'années d'un mythique âge d'or.
    Elles s'éclairent pourtant de plusieurs aspects positifs: embellie économique, dernières splendeurs du franc germinal, essor de l'automobile, débuts de l'aviation, démarrage du cinématographe et, surtout, extraordinaire floraison artistique et musicale, des demoiselles d'avignon aux ballets russes. avec son talent d'exposition et sa clarté habituels, michel winock montre l'authentique unité de cette époque, et en quoi elle constitue l'apogée de la troisième république.

  • Le socialisme a fait sa première véritable percée électorale en France en 1893. Un siècle plus tard, ses objectifs n'ont été atteints nulle part. Pourtant, le XXe siècle est profondément marqué par lui et par le communisme, qui en a été la variante grandiose et tragique.

    L'auteur présente ici, successivement, un essai de synthèse sur cette histoire, en s'efforçant d'analyser la nature multiple d'un mouvement autant que d'en repérer les principales étapes, et un recueil d'études plus spécialisées sur le socialisme français - ce qui est mort et ce qui survit à de grandes espérances.

  • Voici un livre novateur à plus d'un titre et qui fera date. S'il est convenu de considérer que la gauche s'incarne plutôt dans les idées et la droite dans des hommes providentiels, la réalité se révèle autrement nuancée comme le prouve ce passionnant collectif d'historiens orchestré de main de maître par Michel Winock. Il fait le pari de raconter pour la première fois la riche histoire de la gauche depuis 1789 à travers les figures de proue successives qui l'ont incarnée. La gauche, ou plutôt les gauches, la fracture entre gauche révolutionnaire et gauche de gouvernement existant depuis l'origine et se déclinant à chaque génération.
    Historien de la politique et de la littérature, Michel Winock a pris soin d'associer aux politiques majeurs - de Robespierre à Michel Rocard - les grands écrivains et intellectuels indissociables de l'histoire de la gauche et dépositaires de son aura, à l'instar de George Sand ou Simone de Beauvoir. Au final, trente chapitres d'envergure rédigés par les meilleurs historiens qui offrent un autre regard sur l'histoire contemporaine de la France.

  • Une étude de l'extrême droite dans tous ses états : royaliste, contre-révolutionnaire, nationale-populiste, antidreyfusarde, antisémite, ligueuse, maurrassienne, fasciste, pétainiste, collaborationniste, poujadiste, lepéniste.

    C'est d'une longue tradition française, qui plonge ses racines dans la Révolution de 1789 et s'épanouit contre toutes les modernités, que traitent ici sept spécialistes - historiens et politologues -, appliqués à retracer les continuités du phénomène autant qu'à en marquer la nouveauté à chacune de ses étapes.

    Sous la direction de Michel Winock. Avec les contributions de Jean-Pierre Azéma, Pierre Birnbaum, Pierre Milza, Pascal Perrineau, Christophe Prochasson, Jean-Pierre Rioux, Michel Winock.

    Nouvelle édition mise à jour.

  • La république française a longtemps fait figure de régime politique original dans le concert des etats européens.
    Elle le demeure encore largement malgré de récentes évolutions. cet ouvrage analyse l'élaboration du régime républicain, enraciné dans l'héritage des lumières et de la révolution, tel qu'il s'est constitué à la fin du xixe siècle. il passe en revue les résistances auxquelles il s'est heurté, ainsi que les forces et les idéologies qui ont voulu le " dépasser ". enfin, il dégage les conditions et suit les métamorphoses qui ont entraîné l'avènement d'une nouvelle république.
    La plupart des chapitres de ce livre sont tirés d'articles déjà publiés, principalement dans l'histoire.

  • Les dernières années du XIXe siècle voient triompher la République. Une ère nouvelle commence. À Paris, les expositions universelles de 1889 et de 1900 donnent la mesure du progrès technique et industriel du pays. Mais la victoire des républicains et l'apothéose d'une nouvelle civilisation, urbaine, technique, matérialiste font naître un sentiment profond de décadence. Le mot court comme une traînée de poudre, répété par les intellectuels et repris dans les discours des premiers chantres du nationalisme. Hugo est mort. Barrès est né.
    Écrivains, publicistes, journalistes rivalisent de pessimisme sur les temps modernes appauvris par la déchristianisation et hantés par la menace révolutionnaire en ces années de misère sociale. On dénonce les progrès de la société démocratique, que le naturalisme dans les romans a dépeinte dans toute son abjection. Resurgit alors le goût pour le morbide, les sciences occultes, l'érotisme faisandé, le satanisme... Voici venu l'époque des imprécateurs qui haïssent le siècle et annoncent la fin des temps. Décadence! Ce mot-là est associé en effet à la conviction séculaire, théologique, du grand coup de balai qui jettera le monde dans un abîme apocalyptique, d'où l'on espère voir sortir la régénérescence de l'humanité.
    Dans cet ouvrage arborescent, Michel Winock explore les peurs, les angoisses, les découragements qui, sous le signe de la décadence, se révèlent également la source féconde d'un renouvellement littéraire et artistique, illustré par de grands auteurs, Barbey d'Aurevilly, Huysmans, Léon Bloy, Octave Mirbeau, Mallarmé, Georges Darien, Pierre Louÿs... La décadence représente aussi bien un état d'esprit et une disposition de l'âme qu'une esthétique.

  • Cet ouvrage apporte un éclairage plus que jamais nécessaire sur les fondements de notre histoire nationale. Michel Winock y démontre comment la culture et la pratique politiques des Français procèdent de ce qu'il appelle un « héritage de divisions ». Cette guerre civile latente, et parfois explosive, a pris sa source et son élan sous la monarchie et n'a cessé de croître depuis la Révolution, l'État centralisé se heurtant à des antagonismes et à une contestation de son pouvoir au sein de la société civile.
    Michel Winock décrit et décrypte les phases successives ou permanentes de cet affrontement intérieur : entre tradition monarchique et peuple souverain ; république modérée et république radicale ; cléricalisme et laïcité ; socialisme démocratique et communisme léniniste ; Vichy et France combattante ; libéralisme et étatisme ; Europe et souverainisme... Autant d'éléments de discorde qui ont mis constamment à l'épreuve notre édifice national et contribué à le fragiliser.
    Cet ensemble magistral, d'ordre à la fois pédagogique et analytique, traverse près de deux cents ans d'histoire politique et intellectuelle. Il permet de mieux comprendre toute la complexité de notre pays, dont l'histoire n'a cessé d'être instable et tumultueuse. Il constitue par là même un document d'actualité des plus éclairants.

  • " Je ne crois pas qu'il y ait plus de haine aujourd'hui chez nous qu'au bon vieux temps. La guerre civile y a été froide ou chaude selon les époques, mais perpétuelle. " Ainsi s'exprimait François Mauriac, en 1968, au plus fort d'une nouvelle convulsion politique dont la France a la spécialité. A travers les grandes crises, décrites l'une après l'autre, l'auteur s'interroge sur cette permanence, mais aussi sur les chances, désormais entrevues, d'une vie politique pacifiée : les Français sauront-ils enfin vivre ensemble ?

  • La tragédie algérienne a été la malédiction de la IVe République. C'est à Alger, le 13 mai 1958, que s'enclenche l'engrenage qui finira par emporter ce régime issu d'une guerre et défait par une autre. Son agonie n'aura duré que trois semaines.
    Ce livre met au jour les protagonistes, les paroles, les arrière-pensées, les enjeux, les intrigues, les flottements, les audaces et les lâchetés qui rythment l'embrasement de ces quelques semaines haletantes. Il retrace la chaîne des événements et des affrontements, qui s'étend de l'insurrection d'Alger au retour du général de Gaulle au pouvoir. Il sonde, ce faisant, la profondeur des dissensions qui déchirent les Français jusqu'à menacer le tissu national.
    Michel Winock s'interroge sur l'incurable vulnérabilité d'une République, créatrice pourtant, en maints domaines, d'un véritable «miracle français». Ce n'est pas seulement à l'épreuve du conflit algérien que se meurt la IVe, c'est aussi en raison des tares intrinsèques d'un système politique réduit à l'impuissance et, par là même, discrédité.
    Les faiblesses de ce régime, honni par l'élite militaire, entraînent l'intervention de l'armée dans la vie politique, pour la première fois depuis plus d'un siècle : c'est sous la menace des armes que se décidera l'issue de la crise, par le recours, une fois encore, à un homme providentiel.

  • Un livre d'histoire écrit comme un roman vrai.
    Telle est la gageure tenue par Michel Winock qui, dans cette fresque d'une année exceptionnelle, mêle les souvenirs des acteurs et les réflexions des historiens. On y découvre ainsi Adrien Duquesnoy, héros méconnu de 1789 et interprète de nos interrogations sur la Révolution en marche.
    En quarante chapitres conçus comme autant d'épisodes, le lecteur parcourt le film d'une longue année. Tantôt il reste bouche bée sous la verve d'un Mirabeau, ou bien il vit, heure par heure, la prise de la Bastille ou la nuit du 4 août. Enfin, dans de savoureux clins d'oeil à notre époque, Michel Winock n'oublie ni la naissance des départements, ni le début de l'affrontement entre la droite et la gauche, ni surtout les éternelles querelles sur le droit de chasse ou les impôts.

  • De 1791 - l'année de leur émancipation par l'Assemblée nationale - jusqu'aux troubles du nouvel antisémitisme des années 2000, les juifs ont connu en France des relations contrastées avec l'État et la société globale. Cet ouvrage a pour objet l'étude de ces relations, tantôt heureuses, tantôt néfastes : souvent silencieuses et indifférentes, parfois dramatiques.

    À cette fin, il revisite des épisodes majeurs de l'histoire nationale (l'affaire Dreyfus, les lois antisémites dans la France de Vichy, les répercussions dans l'Hexagone de la guerre des Six Jours). Il met en perspective des débats récents et moins récents (le cas Jean-Paul Sartre, l'affaire Faurisson et le négationnisme). Il éclaire également d'un jour nouveau des aspects plus méconnus de cette histoire (le statut des juifs d'Algérie, par exemple) et analyse la complexité du « grand malaise des années 2000 ».

    « La France est-elle antisémite ? » C'est aussi à cette question surgie de l'actualité que ce livre veut répondre.

    Ce livre a obtenu le prix Montaigne 2005.

  • michel winock, professeur émérite à sciences-po paris, a notamment publié l'histoire de l'extrême droite; 13 mai 1958: l'agonie de la ive république ; le siècle des intellectuels; 1789, l'année sans pareille ; la france et les juifs, de 1789 à nos jours.

  • 14 juillet 1790 : la fête de la Fédération, au Champ de Mars, célèbre l'union des Français sur la base de la liberté et de l'égalité. 21 janvier 1793 : Louis XVI, condamné par la Convention pour trahison, est guillotiné. Entre ces deux dates, la monarchie constitutionnelle a fait naufrage, la République a été proclamée. C'est une révolution dans la Révolution. Mais l'union nationale a sombré, le schisme religieux et les massacres de septembre 1792 annoncent la guerre civile, tandis qu'aux frontières les armées de l'Europe coalisée menacent.
    C'est cette grande fracture que décrit Michel Winock, avec autant de rigueur que d'émotion, et avec la verve qui avait déjà fait revivre 1789, l'année sans pareille.

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