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philippe mengué
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Terre et déterritorialisation : Problématiques contemporaines à partir de l'oeuvre de Gilles Deleuze
Philippe Mengué
- Kime
- 18 Avril 2025
- 9782380721744
L'Occident, la culture euro-américaine, est sur sa fin. C'est ce qu'on dit. En maints et importants endroits. Il se défait sous tous ses aspects, économique (chaos commercial et financier due au néo-libéralisme mondial) politique (crise de la démocratie dans ses fondements) civilisationnel (absence de relève de sens).
Ce n'est pas faux, mais ce n'est ni central ni inéluctable. Il y a des raisons de croire encore à ce monde, aux puissances positives d'innovation, d'invention, de création qui sont toujours présentes, immanentes à notre époque, à l'Occident lui-même.
Mais ces dernières se trouvent présentement étouffées faute de reconnaître, la positivité des puissances de territorialisation. Le combat est avant tout philosophique, ontologique. L'Europe spirituelle doit s'émanciper du traitement dévalorisant qu'elle réserve systématiquement, depuis la Renaissance, au repos, à la territorialisation, à la Terre, en faveur du mouvement du nouveau, de la déterritorialisation.
L'oeuvre de Deleuze, est au centre de ces questions.
La lecture proposée, qui se veut non pas critique, mais en complicité de tension avec elle, dégage les principes philosophiques, orientés vers la Terre, capables de fonder une résistance nouvelle à la dévastation profonde du monde présent. -
Le meilleur moyen d'approcher la conception deleuzienne du désir est de suivre la lignede fuite du masochisme. La lecture de Deleuze de 1968 (dans la Présentation de la Vénus à la fourrure) n'est pas à l'époque antinomique avec celle de Lacan, au contraire. Le concept lacanien de "masochien" vient compléter heureusement les analyses deleuziennes et, réciproquement, les concept nouveaux d'espace lisse et de ligne de fuite (dans Mille Plateaux) apportent une avancée dans la compréhension du masochisme et du désir en général.
Le second essai, concerne l' esthétique de la peinture. Le concept d'espace lisse (espace nomade des lignes de fuite, par opposition à l'espace strié qui, par son striage, morcelle les devenirs et les lignes de fuite, les stoppe), ne convient pas seulement au commentaire de la peinture de Bacon. Une peinture classique aussi apparemment striée que celle, perspectiviste, du Lorrain, n'est pas sans faire place à du "lisse" qui se trouve au coeur de cette beauté. Nietzsche en voyant, « La Vue de Delphes avec procession » en a pleuré. Pourquoi verse-t-il des larmes ? Qu'a-t-il senti ? Comme un infini d'espace lisse et de déterritorialisation en tant que manifestation quasi pure du désir ? Sentiment du traçage d'un espace lisse nomade de liberté ? Les concepts Deleuziens, qui sont parfaitement appropriés à percevoir et faire sentir ce type de peinture, ont donc une portée beaucoup plus large et étendue que celle qui les restreindrait à la peinture contemporaine.
Les concepts d'espace lisse et strié ne sont pas sans avoir une porté politique (troisième essai). Il s'agit de montrer une autre facette de la politique deleuzienne que celle, habituelle, qui s'entend à l'intégrer de force sous des attentes marxistes. Le concept d'espace lisse prouve sa fécondité pour analyser l'espace politique propre à la démocratie. Pour faire ressortir la pertinence des concepts deleuziens du lisse et du strié, il faut partir de Machiavel et de la construction d'un espace perspectiviste et strié comme espace d'apparences, de simulacres. Cet espace (machiavelien) reste au fondement de l'espace démocratique (de son espace public). Deleuze n'est pas dupe du simulacre de l'espace démocratique et de ses "contrats". D'où ses réticences devant la démocratie parlementaire. Il y a une "apparence" semble-t-il constitutive du politique :
Comment faire avec ce simulacre ? Peut-on penser une autre forme d'espace lisse du politique ? Qui soit un espace à la fois politique et nomade ? Ces questions sont vitales pour nous aujourd'hui confrontés au renouvellement de la démocratie.
Enfin, le quatrième essai, concernant l'athéisme de Sade, montre l'existence d'un
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Elisabeth Roudinesco a très tôt trouvé sa voie. Elève de Deleuze et de Derrida dans les années 60, elle définit une méthode pour penser l'histoire de la psychanalyse. Quelle est la filiation intellectuelle de cette singulière historienne ? Pourquoi ce dialogue permanent qu'elle maintient avec les philosophes (à l'inverse de Freud qui se méfiait de la philosophie) ? Pourquoi cette attention constante à la question politique (avec des prises de position publiques en faveur de l'adoption d'enfants par les couples homosexuels, contre la discrimination positive, contre le principe de l'immigration choisie etc.) ? Comment comprendre cette volonté de mettre à nu les nouvelles tendances de notre civilisation ? Cette défense acharnée de la psychanalyse ?
Nicolas Floury, psychologue clinicien et doctorant en philosophie à l'université Paris X Nanterre, travaille actuellement sur le rapport entre philosophie et psychanalyse. Il a écrit, aux éditions Germina : Le réel insensé, Introduction à la pensée de Jacques-Alain Miller.
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« Il faut (...) défendre l'idée que toute grande pensée n'est pas réfutable parce qu'elle est un événement, une ligne créatrice qui a déjà déserté les lieux où l'on pourrait l'assigner pour lui faire rendre des comptes (...).S'il est vain, en l'occurrence, de vouloir objecter quoi que ce soit à ma pensée de Deleuze, ce n'est pas parce que celle-ci serait particulièrement solide, mais au contraire parce qu'il ne peut jamais y avoir de dernier mot. (...) L'essence du langage fait défaut, les grands concepts sont vides, nulle part on ne trouve de quoi enfermer la pensée une fois pour toutes. On est toujours avec la pensée dehors, dans les choses, dans leurs variations accidentelles et incessantes. »
Extrait de: Philippe Mengue. « Gilles Deleuze ou le système du multiple. » iBooks. -
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Proust-Joyce, Deleuze-Lacan : lectures croisées
Philippe Mengué
- Éditions L'Harmattan
- Ouverture Philosophique
- 10 Mars 2010
- 9782296117037
Proust et Joyce sont lus par Deleuze. Mais Joyce l'est aussi par Lacan : quels sont les principes mutuels de leur lecture ? Qu'est-ce qui réellement les oppose ? Pour tous les deux, il y a un point, point de fuite, qui est à l'origine de l'oeuvre littéraire, fuite du sens, non-sens. En quoi la " ligne de fuite " deleuzienne a-t-elle néanmoins besoin d'être re-élaborée dans son rapport à ce qui " fuit " ? Qu'en est-il de ce Réel que chacun invoque ? Et du littéral dont chacun se réclame ?
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Deleuze et la question de la démocratie
Philippe Mengué
- Éditions L'Harmattan
- 1 Novembre 2003
- 9782747543323
Pour qui veut comprendre la cassure qui traverse et travaille en profondeur le champ de la pensée contemporaine, il convient de revenir et de s'interroger sur la philosophie politique de Gilles Deleuze, l'une des plus importantes de la modernité récente. Son oeuvre exige qu'on la questionne et problématise, surtout dans son rapport difficile et paradoxal à la démocratie.
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Comprendre Deleuze
Aleksi Cavaillez, Philippe Mengué
- MAX MILO
- Essai Graphique
- 7 Juin 2012
- 9782315003556
Le nom de Deleuze est associé à d'étranges concepts (machines désirantes, ritournelle, machine de guerre ou lignes de fuite). Or ces notions impressionnantes s'expliquent simplement, à partir du moment où l'on dispose de l'intuition qui ordonne son oeuvre. Cet ouvrage nous fait accéder à la compréhension du fil qui nous la pensée de Deleuze, notamment à partir de personnages littéraires tels que Bartleby, Lancelot ou la Princesse de Clèves. Deleuze apparaît alors comme non dogmatique, lui-même ouvert à la variation et à l'invention d'une multiplicité de sens possible de la vie.
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Qu'est-ce qu'un peuple ? quelle est la forme de son unité, de son identité ? ces questions, aujourd'hui, avec l'europe, la mondialisation, les migrations de populations, sont redevenues d'une importance capitale.
Il est possible d'emprunter à gilles deleuze le concept de ritournelle pour penser l'identité d'un peuple, son rapport nécessaire à la fabulation et au mythe, sa temporalité spécifique... toutefois ce concept dans sa tournure deleuzienne doit être en partie rectifié. les apports décisifs de machiavel, spinoza, rousseau, heidegger... permettent de cerner la spécificité de la forme " peuple " et son mode d'être propre dans le temps.
Ces questions trop longtemps marginalisées par la récente modernité n'engagent pas moins que l'avenir de la démocratie puisque le peuple (démos) est inséparable de son concept.
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Cet essai n'envisage du sport que ses activités élémentaires, marcher, courir, nager. Il ne constitue une étude ni historique, ni sociologique, ni psychologique du sport. Il se consacre à en dégager sa portée philosophique, métaphysique. Il s'agit de saisir le sens (« spirituel », si l'on veut) qui se trouve être immanent aux exercices corporels et qui rend raison de la joie ou « jouissance » qui leur est inhérente. Si bien qu'il apparaîtra que les sports contemporains dits de « glisse » se trouveront constituer la ligne hégémonique qui traversait déjà les sports anciens quand ils parvenaient à leur accomplissement interne (et qui n'a rien à voir avec les records ou les exploits).
Le sens le plus haut et le plus beau du sport ne réside ni dans les victoires dans les compétitions, ni les honneurs d'être champion, ni dans les prix et les récompenses, mais en lui-même. On montre que son sens et sa jouissance propres résident dans un affect spécifique, le sentiment d'indéfinitude, affect ressenti dans et par la ligne de fuite qui entraîne le corps sportif quand il est porté à son excellence propre.
Pour soutenir ce propos, des auteurs sont convoqués, dont principalement Rousseau et Rimbaud. Mais ceux-ci se voient doublés d'une étude analytique qui présente une description interne de l'agencement formé par le corps sportif dans son rapport aux Eléments (Mer, Terre, Vent.) aussi bien dans la marche, la course que dans la brasse ou le crawl.. Que, selon la dimension spirituelle ainsi dégagée, les exercices élémentaires s'avèrent constituer un « service divin » (Nietzsche), ne provoquera donc pas une trop grande surprise - surtout si l'on prend soin de bien distinguer ce nouveau mode éthique d'existence de la religion et de ses rites - mais se validera d'une évidente crédibilité.
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L'idiot : dialogues philosophiques et politiques
Philippe Mengué
- H Diffusion
- 5 Mai 2022
- 9782363451231
Être idiot en politique n'est pas forcément un handicap mais plutôt une ressource nécessaire pour retrouver une fraîcheur dans le questionnement.
À travers des dialogues philosophiques, des rencontres, des discussions et des expériences dans des milieux socio-culturels variés, le personnage principal de ce récit, retrouve grâce à son idiotie enjouée de nouvelles orientations capables d'atténuer la misère sociale et spirituelle qui est présentement la nôtre, malgré l'abondance des biens et les progrès en tout domaine des technologies nouvelles.
« L'Idiot » est un récit littéraire qui retrace le cheminement d'une réflexion politique qui dégage les soubassements affectifs du politique.
Sans être retenu par les convenances intellectuelles et politiques, l'idiot fait ironiquement apparaître la folie interne du politique et le démembrement de la démocratie. Il s'achemine vers la découverte de la dualité du monde qui est le nôtre en tant qu'un autre rapport à la Terre. -
Les contemplations de Pierre Duval ; promenade philosophique
Philippe Mengué
- H Diffusion
- 18 Août 2020
- 9782363451088
Le récit retrace l'errance de Pierre Duval, sa découverte des villages et des paysages, la rencontre aussi du visage de Lucile et, avec elle, l'amour et le désir féminin. Ses enthousiasmes et ses déceptions, en particulier celle concernant l'écologie et la politique de notre temps, l'acheminent vers un sourire qui fleurit du sentiment même de la beauté. Les temps de craquements qui sont les nôtres aujourd'hui ne conduisent pas automatiquement au repli sur une « sagesse » amère faite de renoncement à l'égard des affaires humaines mais ouvrent au contraire à une mélancolie positive, tournée vers l'avenir, qui n'oubliant rien des affres du présent jette néanmoins une lueur féconde en avant de nous.
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Utopies et devenirs deleuziens
Philippe Mengué
- Éditions L'Harmattan
- Ouverture Philosophique
- 16 Décembre 2009
- 9782296108462
"L'utopie, en ces moments de crise économique et civilisationnelle, devrait-elle redevenir une démarche nécessaire au politique et au philosophe ?" Face à cette question, Deleuze soutient une position originale qui, sans annuler complètement le concept d'utopie (il est solidaire de la critique nietzschéenne et spinosiste de cette notion), permet d'en construire un sens nouveau. L'utopie revue par Deleuze ouvre un questionnement nécessaire concernant les problèmes fondamentaux de la philosophie de notre temps.
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