La Volte

  • Les furtifs

    Alain Damasio

    Ils sont là parmi nous, jamais où tu regardes, à circuler dans les angles morts de la vision humaine. On les appelle les furtifs. Des fantômes?? Plutôt l'exact inverse?: des êtres de chair et de sons, à la vitalité hors norme, qui métabolisent dans leur trajet aussi bien pierre, déchet, animal ou plante pour alimenter leurs métamorphoses incessantes.

    Lorca Varèse, sociologue pour communes autogérées, et sa femme Sahar, proferrante dans la rue pour les enfants que l'éducation nationale, en faillite, a abandonnés, ont vu leur couple brisé par la disparition de leur fille unique de quatre ans, Tishka - volatilisée un matin, inexplicablement. Sahar ne parvient pas à faire son deuil alors que Lorca, convaincu que sa fille est partie avec les furtifs, intègre une unité clandestine de l'armée chargée de chasser ces animaux extraordinaires. Là, il va découvrir que ceux-ci naissent d'une mélodie fondamentale, le frisson, et ne peuvent être vus sans être aussitôt pétrifiés. Peu à peu il apprendra à apprivoiser leur puissance de vie et, ainsi, à la faire sienne.

    Les Furtifs vous plonge dans un futur proche et fluide où le technococon a affiné ses prises sur nos existences. Une bague interface nos rapports au monde en offrant à chaque individu son alter ego numérique, sous forme d'IA personnalisée, où viennent se concentrer nos besoins vampirisés d'écoute et d'échanges. Partout où cela s'avérait rentable, les villes ont été rachetées par des multinationales pour être gérées en zones standard, premium et privilège selon le forfait citoyen dont vous vous acquittez. La bague au doigt, vous êtes tout à fait libres et parfaitement tracés, soumis au régime d'auto-aliénation consentant propre au raffinement du capitalisme cognitif.

  • Une Horde est formée pour remonter la Terre à contre-courant, dans l'espoir de découvrir l'origine du vent. 23 membres exceptionnels sélectionnés dès leur plus jeune âge, 23 fonctions précises au sein de cette 34e horde, sans doute la meilleure de tous les temps. Elle est baptisée la Horde du Contrevent.
    Deuxième roman d'Alain Damasio, entre fantasy et science-fiction, emprunt de philosophie.

  • 2084. Orwell est loin désormais. Le totalitarisme a pris les traits bonhommes de la social-démocratie. Souriez, vous êtes gérés !
    Le citoyen ne s'opprime plus : il se fabrique. À la pâte à norme, au confort, au consensus. Copie qu'on forme, tout simplement.
    Au coeur de cette glu, un mouvement, une force de frappe, des fous : la Volte. Le Dehors est leur pays, subvertir leur seule arme.
    Emmenés par Capt, philosophe et stratège, le peintre Kamio et le fulgurant Slift que rien ne bloque ni ne borne, ils iront au bout de leur volution - et même au delà, jusqu'à construire cette vie de partage, rouge, que personne ne pourra plus leur délaver.

  • En grande majorité, l'oeuvre de nouvelliste d'Alain Damasio est inconnue ou méconnue alors qu'on y retrouve la même puissance et le même souffle stylistique que dans ses romans, admirablement reçu par la critique et les lecteurs. Le florilège ici retenu comporte 10 nouvelles écrites entre 2000 et 2011, dont certaines inédites et d'autres déjà publiées, souvent à titre confidentiel, dans des magazines, revues ou anthologies. L'ensemble, original, cohérent et de grande qualité, comblera les passionnés de l'auteur (en attente d'un livre depuis sept ans) et amènera de nouveaux lecteurs à découvrir son univers.
    Les thèmes de prédilections d'Alain Damasio y sont en effet omniprésents : le mouvement et le lien, la vitalité, l'autodépassement, le combat politique et philosophique.

  • Un homme d'ombres

    Jeff Noon

    • La volte
    • 11 Février 2021

    Ici les horloges tournent et ne sont jamais les mêmes. Le temps s'emballe, se règle et se dérègle d'une rue à l'autre, sous un ciel que personne n'a jamais vu. À la place, une voûte gigantesque de pure lumière, un dôme d'éclairages artificiels supprimant toute zone d'ombre, sans interruption. Bienvenue dans l'enfer de cette ville embrasée où tous courent après les innombrables lignes temporelles.
    John Nyquist, détective privé, est engagé pour retrouver Eleanor Bale, une jeune fugueuse de dix-huit ans. Dans quel recoin a-t-elle bien pu se cacher, alors qu'il n'existe aucun lieu épargné par la lumière ? Dans les ténèbres de Nocturna ou bien plus loin encore, au-delà des frontières de cette cité double ? Pour Nyquist, il ne s'agit pas d'une affaire de rou- tine : à ses trousses, un serial killer invisible surnommé le Vif-Argent sème la panique. Au cours de son enquête, John Nyquist s'aventurera jusqu'au Crépuscule, cet entre-deux abo- minable où grouillent la menace et les silhouettes obscures, afin de sauver Eleanor... et probablement la ville tout entière.
    Un homme d'ombres est un roman, construit par touches impressionnistes mais d'inspiration surréaliste. Ce polar new weird est éblouissant, flirtant avec l'étrange. Les lecteurs ne manqueront pas de se laisser emporter par ses contradic- tions temporelles et son fantastique angoissant, au fil d'une exploration poétique du temps, de la réalité, de l'humanité.

  • De ce livre surgissent trois univers, une réfraction de trois perspectives, la révolte de l'opprimé, le conflit colonial, la guerre religieuse : un monde où faute de pouvoir s'alimenter, le prolétariat, incarné par les mineurs, ne mange que de la pierraille ; un deuxième où les hommes mènent une lutte acharnée contre des âmes venues d'une autre dimension qui moissonnent les chairs des êtres vivants ; puis la chronique de la persécution des allophages, répugnants personnages qui se nourrissaient de végétaux et de viande - autre que la leur.
    Dans la tourmente, quelques-uns témoignent que la rencontre demeure possible. Parmi ce théâtre d'ombres, celui d'un savant disparu, Ronce Albène, fait irruption, proposant des versions grinçantes de ces trois mondes en crise, les transformant en paraboles énigmatiques et désaxées. Son livre se dérobe : reste Le Premier Souper, ronde de cauchemars et de carnavals. Les corps mis en scène ressemblent à des éruptions de besoins tous plus ou moins dépravés : dévorer, absorber, engloutir.
    Un roman qui admet des physiologies autres, primitives ou inouïes. Un premier roman en éclats, à la langue torrentielle, qui creuse jusqu'à nos tréfonds la question de l'appétit insatiable de l'humain envers les autres, envers le monde.

  • Comme toutes les aventures de l'inquisiteur, les fils narratifs s'entrelacent habilement à travers trois périodes pour constituer une même trame par-delà les siècles.
    1378. Évadé de la prison dans laquelle le roi d'Aragon l'avait fait enfermer, Eymerich arrive à Rome, où le pape Grégoire XI a transféré le siège pontifical. Grégoire est en train de mourir et la discorde qui aboutira au Grand Schisme d'Occident s'installe autour de lui. L'inquisiteur se rend compte que les querelles entre cardinaux cachent tout autre chose :
    Un culte païen oublié est sorti de l'oubli et a contaminé le haut clergé.
    À une époque plus proche de la nôtre, dans le futur, la République libertaire de Catalogne est le seul État européen resté neutre dans un conflit mondial dévastateur. Le physicien Marcus Frullifer et ses théories capables de bouleverser notre notion de temps y trouvent refuge. La Catalogne n'est pas l'État parfait qu'il imaginait, mais il parvient quand même à construire l'astronef Malpertuis, mû par des forces psychiques - qui apparaît dans le premier roman du cycle (Nicolas Eymerich, inquisiteur).
    Dans un futur lointain, sur une autre planète, l'humanité évolue vers quelque chose d'autre. Elle franchit les limites physiques établies dans le passé et s'approche du point Oméga, l'extrémité de l'univers imaginée entre autres par le jésuite Teilhard de Chardin. Un mystérieux Magister régule le dernier soupir du genre humain. Mais est-ce vraiment le dernier, dans un cosmos spiraliforme ?
    Une conclusion astronomique des aventures de cet inquisiteur honni, dans laquelle N. Eymerich rencontre son fantôme, son double, ou une autre version de lui-même.
    La série de l'inquisiteur Eymerich, au retentissement colossal en Italie, achève ici le cercle tracé autour de son héros, tel un ouroboros, symbole de l'éternel retour.

  • Le paquebot immobile

    Philippe Curval

    • La volte
    • 15 Octobre 2020

    Septième continent construit avec les matériaux de l'île poubelle, plastiques agglomérés, déchets de l'humanité, voilà le Paquebot immobile. Une utopie libertaire créée à force d'imagination par des pacifistes lassés des turpitudes du monde. Une nation ultra moderne, riche de l'exploitation de technologies surprenantes.
    Trente ans après la naissance du Paquebot, Pairubus profite de la disparition de Robur, le guide spirituel de l'île, pour s'imposer à une population de Paquiennes et Paquiens pétrifiés par le bonheur, ou en proie à des querelles idéologiques.
    Sur les vestiges d'un tsunami dévastateur, il organise une tyrannie mortifère.
    Les fondateurs, aux noms issus des héros de Jules Verne, tentent de coordonner la résistance. Dès lors s'engage un combat à armes inégales dans un univers en reconstruction, transcendé par une myriade d'innovations, aux décors toujours plus insolites. D'autant plus qu'il faut convaincre les membres de communautés extravagantes, Végéludes, Athéoristes, Piloufaciens. Et délivrer de Pairubus la mystérieuse Véra, sa captive, son fétiche.
    Philippe Curval s'amuse et surprend sans cesse par un récit foisonnant d'idées nouvelles ou détournées ; un roman malicieux au rythme endiablé, tous les éléments d'un genre oublié :
    La sotie !

  • Agrapha

    Luvan

    • La volte
    • 10 Septembre 2020

    À l'origine fut un manuscrit du Xe siècle. Apocryphe, peut-être pas.
    À l'origine furent huit femmes, chacune venue d'un lointain horizon, unies dans une grotte au coeur de la forêt.Ensemble, elles racontent ou taisent leur vie de recluses, leur destinée loin du monde et pourtant si proche de lui. Elles parlent mille langues en une seule, mêlant leur âme en un poème morcelé que l'autrice ensuite cimente d'or et de miel. Et de cette tresse de mots naîtra l'apocalypse.
    Dans ses cahiers, l'autrice a minutieusement recousu l'histoire de cette constellation féministe, désormais sanctuaire que le temps s'est chargé d'éroder. Mais son enquête se dilue avec sa mémoire. Les souvenirs se troublent : n'est-ce pas elle, cette entité manquante, la neuvième femme ayant appartenu à ce clan d'illuminées radieuses ? A-t-elle réellement écrit ces fragments aux côtés de ses soeurs d'antan ?
    Il subsiste de leurs existences des traces indicibles que seule l'écriture parvient à faire rejaillir. Parmi les odeurs d'écorces et les accents d'anciens parlers, c'est à l'aube de l'an mil qu'irradient le vécu de ces femmes et leur puissance épiphanique.
    Aux antipodes du roman historique ou du roman de fantasy, Agrapharenoue avec les sources de la matière médiévale tout en proposant une expérience historique à la fois plus immersive - donc familière - grâce à son processus narratif ; et plus étrangère - donc plus exotique - grâce à son parti-pris langagier radical.

  • Sauve qui peut, demain la santé

    Collectif

    • La volte
    • 17 Septembre 2020

    Une sélection de 15 textes sur près de 250 reçus, un recueil qui allie des noms bien connus de la science-fiction à de nouvelles plumes, dans une volonté d'ouvrir les imaginaires autour de ce sujet qui nous concerne toutes et tous.
    Entre futurs proches et galaxies à des années-lumière de notre XXIe siècle, Demain la santé explore la manière dont politiques de santé, technologies, marchandisation du soin transforment notre rapport au monde et donnent naissance à de nouveaux imaginaires, de nouveaux langages. Comment faire société quand le système de santé broie et exclut ? Peut-on rêver d'un accès aux soins universel et open source ? Et si l'insurrection était la voie vers la démocratie sanitaire, la seule réponse à la violence multidimensionnelle de nos gouvernants ? Et s'il s'agissait avant tout de réinventer notre rapport au vivant, d'aimer un nénufar ou un enfant-chat, de soigner des espèces extraterrestres déracinées, de redécouvrir, au détour d'une planète aseptisée, le lien qui se crée entre celui qui est soigné et celui qui soigne ?
    Dans un monde en suspens, sur fond de crise écologique et démocratique, 15 nouvelles de science-fiction explorent les visages à venir ou oubliés du soin et de la santé, comme un nouveau souffle pour nous aider à tenir la distance et nous émanciper de la mécanique froide de la langue officielle.
    Un thème choisi en 2019, après celui du travail en 2017, pour évoquer les enjeux déjà très forts qui pèsent sur notre système de santé et que la pandémie de 2020 n'a fait hélas que mettre en exergue. À l'heure du confinement, de la distanciation physique et sociale, de la nécessité de penser l'Après, Demain la santé ranime le souffle du combat et invite à repenser le lien qui nous attache à notre environnement intime, social et politique.

  • 2084. Orwell est loin désormais. Le totalitarisme a pris les traits bonhommes de la social-démocratie. Laquelle ? La nôtre.
    Souriez, vous êtes gérés ! Le citoyen ne s'opprime plus : il se fabrique. À la pâte à norme, au confort, au consensus. Copie qu'on forme, tout simplement.
    «Se libérer, ne croyez surtout pas que c'est être soi-même. C'est s'inventer comme autre que soi. Autres forces : flux, fluides, flammes. Autres formes : métamorphoses. Déchirez la gangue qui scande «vous êtes ceci», «vous êtes cela», «vous êtes.». Ne soyez rien : devenez sans cesse. L'intériorité est un piège. L'individu ? une camisole. Soyez toujours pour vous-même votre dehors. Le dehors de toute chose. » Demande sécuritaire, autocensure, surveillance citoyenne élargie, gestion subtile des flux humains, la société de contrôle repérée par Deleuze et Foucault s'inscrit désormais dans nos vies.
    Le premier roman, La zone du dehors, d'Alain Damasio est paru en 1997 chez Cylibris, puis repris en mars 2007 à La Volte. La version Folio a dépassé les 60 000 ventes, tandis que La Horde du Contrevent les 150 000 exemplaires.
    Le souffle épique et la philosophie en actes, ce roman à longue portée politique va au-delà des seuls adeptes de la science- fiction pour toucher tous ceux qui n'acceptent pas que leur liberté soit bradée sur le marché du confort et de la sécurité.

  • Amatka

    Karin Tidbeck

    Une fable politique, dans la lignée de 1984, sur le contrôle social, la peur du changement et la plus insensée des révolutions.

    « Bienvenue à Amatka... où chacun joue un rôle, où le langage possède d'étranges propriétés et où rien - pas même la texture de la réalité - ne peut être garanti. » Ainsi se présente Amatka, cette austère colonie antarctique aux ambiances post-soviétiques. Amatka, lieu interdit à la dissidence et aux sentiments, espace exigu où la liberté niche dans les recoins obscurs du langage, est une communauté heureuse mais totalement figée. Lorsque Vanja, une « assistante d'information », est envoyée en mission là-bas pour y collecter de l'intelligence à des fins gouvernementales, elle comprend rapidement que son séjour qu'elle prévoyait expéditif sera moins routinier qu'envisagé. Et pour cause, le point de bascule n'est jamais très loin dans cette colonie d'hiver, de sorte que Vanja sera amenée à enquêter parmi les ombres d'Amatka, celles qui revendiquent l'insurrection...
    Jeff Vandermeer, anthologiste du Big Book of Science- Fiction et du recueil The Weird, a considéré ce roman dès le premier instant, louant cette « exploration époustouflante et véritablement originale des mystères du réel et de ce que signifie être humain ». Fille par les lettres de Margaret Atwood et d'Ursula K. Le Guin (pour son approche sociale des Dépossédés), la suédoise Karin Tidbeck dresse une fable d'anticipation aussi réflexive qu'inventive, s'intéressant davantage aux mécanismes du changement qu'à ses seuls effets. Par son style concis et efficace, elle nous offre le portrait d'une société où les mots, dépouillés jusqu'à l'os de leur polysémie, deviennent à la fois un objet de répression et une arme, et où la communication est au coeur des rapports de force.

  • Aux confins de l'univers, à l'ultime périphérie de l'influence canopéenne, la planète Volyen et ses lunes - Volyenadna et Volyendesta - abritent des empires mouvants, instables et délétères. Puisque les luttes de pouvoir gangrènent continuellement l'évolution de ces territoires, Sirius et Shammat, les deux empires rivaux de Canopus, profitent de la détresse des habitants pour tenter d'étendre leur domination sur ces trois astres ainsi que sur deux planètes environnantes.
    La situation est si critique que Canopus ne peut rester indifférente.
    Commence dès lors une guerre de propagande, une guerre de langue et de croyance. Une guerre pour la liberté de pensée.
    Ce récit crépusculaire décortique les excès et les manipulations du langage, mais aussi sa puissance invocatrice ou ses effets sur l'esprit, à travers le rapport de Klorathy, l'émissaire canopéen venu s'enquérir d'Incent, un agent victime d'une attaque de « Rhétorique ». Autour d'eux, alors que menace l'emprise de Sirius sur les terres volyennes, c'est tout un monde qui s'affronte par la parole afin de céder ou de conquérir son indépendance.
    Au fil d'une fable éminemment politique sur les mots et leur pouvoir, Doris Lessing transforme ce roman en un reflet parfois satirique de nos sociétés, constituant le sommet de son cycle.

  • Hildegarde

    Léo Henry

    Religieuse, visionnaire, scientifique, poétesse et compositrice, l'abbesse Hildegarde de Bingen n'a cessé, depuis sa mort, d'inspirer femmes et hommes. Figure totale du Moyen-âge européen, elle déborde des limites du xii e siècle et de la vallée Rhin où elle vécut : depuis sa berge de fleuve, entre Mayence et Cologne, Hildegarde rayonne sur l'univers entier.
    Née au moment où la première Croisade arrive à Jérusalem, elle meurt tandis que naissent les premiers chevaliers de romans. À son expérience de femme de pouvoir, son oeuvre mêle observations et visions, unissant sous une même énergie vitale les mondes réels, imaginaires et divins. Léo Henry crée, autour de Hildegarde, un livre-monde qui emprunte ses formes autant au récit épique, qu'à l'hagiographie ou au roman picaresque. Une fresque, qui court de la création du monde à l'Apocalypse, et explore l'intrication du temps qui passe et des histoires que nous nous racontons.
    Inclassable et foisonnant, Hildegarde est un roman merveilleux, un roman de l'émerveillement.

    1098 Naissance de Hildegarde à Bermersheim, dixième enfant.
    1101 Première vision (3 ans).
    1112 Entrée au couvent du Disibodenberg (14 ans).
    1136 Hildegarde devient abbesse du Disibodenberg (38 ans).
    1141 Une vision lui ordonne de révéler les messages de l'Esprit, début de la rédaction du Scivias (43 ans).
    1147 Validation de ses visions par le Pape et Bernard de Clairvaux (49 ans).
    1148 Fondation au Rupertsberg, près de Bingen, d'un couvent féminin indépendant (50 ans).
    1150 Début de la collation d'un recueil de chants 1158 Début des voyages de prédication.
    1165 Fondation à Eibingen d'un second couvent exclusivement féminin.
    1170 Derniers voyages de prédication (72 ans).
    1174 Achèvement du Liber divinorum operum, troisième et dernier livre de visions.
    1179 Mort au couvent du Rupertsberg de Bingen (81 ans).
    2012 Béatification officielle par Benoît XVI

  • Dans la lignée des recueils Faites demi-tour dès que possible (nouvelles régionales), ou Ceux qui nous veulent du bien (avec la Ligue des Droits de l'Homme sur les nouvelles technologies), La Volte s'associe avec La Cité du design. Dans le cadre de la biennale du Design en mars 2017, une curation a été confiée à Alain Damasio et Norbert Merjagnan, ainsi que le collectif de SF Zanzibar, sur l'avenir du travail.
    Des courts textes et des sons réalisés pour la biennale par Phaune radio sont rassemblés en un CD inséré dans le livre.
    Illustration de chaque nouvelle par un objet design représenté à la Biennale.

  • Galeux

    Stephen Graham Jones

    Il ne s'appelle pas ; il est cet anonyme, cet étranger habitant à la marge des villes avec sa tante Libby et son oncle Darren :
    Un garçon sur le point de devenir adulte et confronté à un choix qui décidera de son avenir. Doit-il croire au pied de la lettre les récits d'apparence fantasques de son grandpère, emplis de conseils absurdes relatifs au quotidien des loups-garous, ou bien grandir comme n'importe quel enfant humain et rejeter cette prétendue « anormalité » qui le condamnerait à vivre en rebut ? Ce n'est pas comme s'il n'endurait pas déjà cette existence de marginal, de paria.
    Car comment bien s'intégrer à la société lorsque l'on déménage tous les deux mois dans une nouvelle bourgade du sud des États-Unis, que l'on loge dans des voitures ou des roulottes insalubres, que l'on se nourrit au petit bonheur la chance ? Être ou ne pas être loup-garou, quelle différence, après tout ?
    Avec drôlerie, avec une tendresse sauvage, Stephen Graham Jones nous invite à accompagner ce garçon sur la route de son identité. Une route cabossée, pleine de cahots et de méandres sinistres, mais ponctuée d'instants de félicité qui brillent dans la nuit environnante. On ressort de cette lecture tout ébouriffé, avec des envies de hurler à la lune et de courir dans les bois, une saveur à la fois douce et puissante sur la langue.

  • Jamais sans doute n'a-t-on connu personnalité plus énigmatique qu'Adorée Floupette, ni ouvrage plus mystérieux encore que son propre auteur que ces Affaires du club de la rue de Rome écrites par cette même Adorée Floupette. Ces enquêtes composent une saga d'aventures historiques prenant place dans le Paris fin-de-siècle, entre les brumes de la gare Montparnasse et les berges de Seine encombrées par les bouquinistes d'époque. Jadis intitulé M***, 1890's, ce recueil de mystères policiers met en scène Stéphane Mallarmé, Pierre Louÿs ou Octave Mirbeau, sur la piste de disparitions inexpliquées ou de crimes surnaturels. Autour d'eux règne un Mal ambigu, indéfinissable et effroyable, dont on ne sait s'il se joue des détectives ou du lecteur.
    Une inquiétante épidémie aux symptômes mortels qui frappent les jeunes filles. Un Pierrot lunaire s'évaporant sous les yeux de ses poursuivants. Une tête qui trône sans corps à la manière d'un sphinx d'outre-tombe.
    Seuls d'authentiques enquêteurs, familiers de l'horreur et du fantastique, sauraient résoudre ces affaires qui nous plongent chacune à sa manière dans une surprenante spirale macabre.

  • Trafalgar

    Angelica Gorodischer

    • La volte
    • 10 Octobre 2019

    Trafalgar Medrano n'est pas n'importe quel commercial. Certes, comme beaucoup de marchands et autres conseillers de vente, il aime parler. Raconter son quotidien professionnel en buvant sept double cafés entrecoupés de temps en temps par une cigarette, quand il ne les fume en parallèle. Car il en a des choses à dire, Trafalgar Medrano. Et pour cause, ses voyages l'entraînent de planète en planète à la rencontre de populations toutes plus originales les unes que les autres, en des lieux où le vraisemblable n'a plus lieu d'être... Pourtant, tout ce qui sort de la bouche de Trafalgar est vrai, authentique, c'est garanti !
    Personne ne saurait vérifier si ce qu'il relate tient du réel ou de l'imaginaire...

  • Bor Durin se réveille après sept années de cryogénisation. La guerre est finie. Laquelle de guerre ? Une parmi tant d'autres, à la différence que celle-ci fut gérée par des Intelligences Artificielles, aux humeurs pour le moins fantasques. Elles ne se sont pas privées, en matière de déballage d'atrocités pour parvenir à leurs fins, au détriment d'une humanité survivante qui n'a pas d'autres options que d'espérer en d'utopiques jours meilleurs et de lutter pour survivre dans un monde délirant, balancé entre l'expansion / compression, les altérations géoclimatiques, les montagnes humaines, et toute une panoplie de mutations n'épargnant rien ni personne. Bor Durin se retrouve projeté dans un monde qui n'est plus le sien, et aura bien du mal à y trouver sa place.

    Initialement sous forme de nouvelle, Mondocane a été développé dans un roman intitulé Guerre de rien, paru en Présence du futur en 1990. Jacques Barbéri a réécrit enrichi ce roman, comme il l'a fait pour Narcose (La Volte, 2008).
    Un CD de Palo alto, intitulé Mondocane, sera inclus dans le livre.

  • Résolution

    Li-Cam

    L'Adelphie est une communauté affranchie du continent, un îlot indépendant du reste du monde sis à Langlade et construit selon les principes et valeurs d'un seul être humain: Wen. Ce qui fut au commencement un simple blog où la jeune femme exprimait ses pensées ou désirs, Le Monde selon Wen, est devenu la pierre d'angle d'une utopie exceptionnelle sur laquelle veille une Intelligence Artificielle au comportement solaire: Sun. Et parce que Wen -solitaire, militante, inspirée- était la candidate idéale désignée par le jeune docteur Yao Kouamé, elle a donné à son double électronique l'humanité qu'il lui manquait, afin de rendre compte de ce nouveau modèle de vivre-ensemble.Alors qu'au dehors la société n'a pas résisté au grand effondrement et que les huit milliards d'êtres humains se sont enlisés dans un système absurde, les Adelphes réinventent une harmonie que d'autres avaient jugé illusoire. De cette résolution est née un espace où le libre-arbitre et la libre-existence sont roi et reine: c'est une société neuve, fragile, appuyée par des innovations technologiques audacieuses qui se bâtit. Et chaque jour, Ben, Jenny, Laura, Vanilla, Simon, Yao et leur entourage en font l'expérience. Le ton des cahiers de Wen, protagoniste hors norme et visionnaire, fait écho à la voix de Lauren du très grand roman d'Octavia Butler, La Parabole du semeur.

  • En Argentine Angélica Gorodischer est une auteure aussi importante que J.L.Borges, J. Cortazar, A. Bioy Casares, E.Sabato, et pourtant elle n'a jamais été traduite en France, en dehors d'une nouvelle dans l'anthologie bilingue consacrée aux auteurs argentins contemporains de Mathias de Breyne.
    Ses oeuvres sont en revanche traduites dans de nombreux autres pays - Kalpa impérial est notamment traduit par Ursula Le Guin en anglais.
    Kalpa impérial a reçu des prix de fantasy (World fantasy) ; les douze autres livres, à l'exception de Trafalgar, ne relèvent pas du domaine dit de l'« imaginaire » - contrairement à ce qu'indique sa fiche wikipedia.
    La Volte compte entreprendre de faire connaître au lectorat francophone d'autres livres d'A. Gorodischer.
    Ce livre paraît juste après la dernière dictature argentine en 1983, comme de nombreux livres argentins qui ont été censurés, il n'aurait pu paraître en cette période trouble.
    C'est un livre poétique, onirique, un exemple parfait de la littérature argentine, de son style, de sa force, de son originalité, de sa personnalité.
    Une histoire caustique et ubuesque (on pense à A. Jarry souvent), fantastique (à la manière des Villes invisibles d'I. Calvino).
    Un conte, une fable, un roman tissé d'histoires narrant les naissances et chutes d'un Empire : « l'Empire le plus vaste qui ait jamais existé ». Kalpa impérial (Empire infini) c'est ça: une boucle, une danse macabre qui se répète et ne trouve comme finalité que le début d'une autre boucle. Kalpa impérial est un livre universel. Universel et visionnaire. Qui conte l'histoire de notre société sans la nommer.
    De la folie, de l'ignominie, de l'absurdité et de la beauté du monde. Qui ne cite aucune des dictatures mais elles sont pourtant sous nos yeux. Qui parle de la domination de certains pays européens et nord-américains sur le reste du monde, sans en parler. Universel mais actuel aussi, puisqu'elle parle de crises migratoires, de despotisme, de famine, de politique, de pouvoir, de liberté...
    Un roman qui parle d'écologie, de villes végétales qui commencent tout juste à voir le jour aujourd'hui. On a le sentiment que le livre a été écrit aujourd'hui.

  • Shikasta

    Doris Lessing

    Ceci est l'histoire d'un monde qui pourrait être le nôtre.
    Depuis l'instant où apparaît la vie sur cette planète bleue, dans la moiteur des mares et des étangs, jusqu'au moment où le feu nucléaire menace d'emporter la civilisation qui a fini par se développer à sa surface, voici contée l'histoire de Shikasta, jadis riche et florissante, désormais stérile, inhospitalière, « blessée à mort » - mais qui ne demande qu'à renaître.
    Shikasta ? Un monde sur le berceau duquel se sont penchés deux empires galactiques antagonistes, Canopus et Sirius, qui au terme d'une guerre sans merci s'en sont partagé les terres pour chacun de son côté y conduire des expériences évolutionnaires. Et c'est du point de vue des émissaires de Canopus, venus rendre compte des résultats de ces manipulations à l'échelle d'une planète, que va nous être narré le destin tragique de l'humanité - celle de notre Terre.
    Au fil d'une édifiante succession de textes de formes diverses - rapports, lettres, documents d'archive, le poignant témoignage d'une jeune Shikastienne..., se réécrit sous nos yeux le (véritable ?) récit de l'aventure humaine, les tâtonnements, accomplissements et erreurs d'une espèce faillible guidée sans le savoir par des puissances qui la dépassent ; des puissances dont la rivalité risque de mettre un terme prématuré à l'expérience Shikasta, déjà mise à mal au fil des siècles par les errements de primates peut-être devenus trop intelligents pour leur propre bien...
    Si Lessing avait initialement prévu d'offrir avec Shikasta un récit auto-suffisant, un genre d'histoire secrète de l'humanité, le concept de civilisations extraterrestres suffisamment avancées pour influer sur le destin d'une planète entière l'a fascinée au point qu'elle est ensuite revenue à quatre reprises dans l'univers de Canopus dans Argos, avec Mariages entre les zones trois, quatre et cinq, Les Expériences Siriennes (qui a inspiré un opéra au compositeur contemporain Philip Glass), L'OEuvre du Représentant de la Planète 8, et Les Agents Sentimentaux de l'Empire Volyien. Si le cycle revient à l'occasion sur le sort de notre planète (en l'abordant d'autres points de vue), leur auteur se penchera surtout sur de nouveaux mondes à divers stades de développement social et technologique - chaque roman se répondant l'un l'autre, tout en explorant de nouveaux territoires interstellaires ; au point que la série forme un genre de tapisserie s'étalant sur des millénaires.
    Brassant avec talents le mythe, la fable et l'allégorie, fortement inspirée par le soufisme, Doris Lessing signe avec Canopus dans Argos : Archives - qu'elle considérait comme un des sommets de son oeuvre littéraire - un véritable opéra spatial questionnant la nature même de ses congénères, leur rapport à des notions aussi fondamentales que la sexualité, la politique, la mortalité ou la transcendance.

  • La Planète 8 est un petit miracle d'harmonie. Créée par le puis- sant empire Canopus, elle jouit d'un climat aussi charmant que ses habitants, lesquels vivent des jours paisibles au coeur d'une nature des plus fertiles. Jusqu'à l'apparition des premiers flocons de neige.
    Jusqu'à ce froid d'autant plus mordant que rien n'aurait pu l'anticiper.

    Dès lors, la Planète 8 ne sera plus jamais la même ; confrontées à l'inexorable refroidissement de leurs terres, les populations entament la construction d'un gigantesque Mur censé les protéger de l'hiver qui progresse depuis les pôles. Doeg en est l'un des Représentants, en liaison avec le délégué canopéen Johor. Sous ses yeux s'entament les transitions sociales, alimentaires, architecturales, indispensables à l'évolution de leurs communautés : face à la glace, à ce blanc mor- tel, toute créature doit s'adapter, survivre, ou bien mourir. Mais le sacrifice de soi est-il forcément le prix à payer pour dépasser les frontières de son être ? C'est ce long et douloureux apprentissage que relate Doeg, celui d'un peuple qui voit son monde basculer et les mutations s'imposer, jusqu'à un avenir que seul un représentant de Canopus pouvait concevoir.

    Quatrième tome du cycle « Canopus dans Argo : Archives » dont les trois premiers ont été publié à la Volte, L'Invention du Représentant de la Planète 8 a recueilli nombre de suffrages lors de sa parution. Tour à tour « métaphore de notre époque décrite dans sa forme la plus extrême » (The Guardian), porteur d'une valeur « hautement biblique et universelle » (The Daily Telegraph) ou « thriller écologique », il laisse le New York Times ébahi : « The Making is splendid like wow ! » C'est que l'ouvrage emprunte à de nombreux genres - l'allégorie, la fable, la fan- tasy futuriste, le documentaire - en plus d'être profondément inspiré par le voyage de Scott en Antarctique, qui avait fasciné Doris Lessing.

  • Susto

    Luvan

    Sur l'île de Ross, aux confins de l'Antarctique et à une date indéterminée, le volcan Erebus couve la ville de Susto, métropole mythique à la population cosmopolite, fourmil- ière de colons, de mineurs, de triades, de minutemen et d'enfants perdus.
    Cité en éventail scindée par des murs jadis protecteurs, mais devenus instruments d'oppression, Susto est le théâtre des soubresauts des derniers représentants d'une humanité aux abois. Les sustoïtes tentent de s'y bâtir une existence, grondent à l'unisson, résistent, se repoussent et s'attirent au coeur de cette Pompéi australe.
    À l'instar des romans picaresques et des feuilletons du XVIII e , le récit brasse tous les genres à sa disposition - comics, voix radiophoniques, pulp et roman populaire jusqu'au théâtre antique - en une fresque chorale qui épouse le rythme de l'éruption, volcanique et sociale. On y croise une vulcanologue étudiant les stades du cataclysme ; un héros masqué devenu le porte-drapeau des mineurs hispano- japonais spoliés ; un espion qui écoute pour le compte du gouvernement ; une prophétesse (aux accents volodiniens) scandant les appels à la révolte dans des messages poé- tiques cryptiques; une ancienne incantatrice...
    Mais quel désastre, de la colère d'Erebus ou des révolutions humaines, aura finalement raison de leurs faibles espoirs ?
    Susto désigne, dans la langue des Indiens d'Amérique, la « maladie de la frayeur », celle qui « laisse l'âme ailleurs » et niche en chacun de nous.
    Susto est le roman de nos peurs collectives, une fresque urbaine dont la conclusion funeste se veut d'emblée irrévocable.

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