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Éditions Julliard
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Entre les ruines fumantes de Gaza et les pages jaunies des livres, un vieil homme attend. Il attend quoi ? Peut-être que quelqu'un s'arrête enfin pour écouter. Car les livres qu'il tient entre ses mains ne sont pas que des objets - ils sont les fragments d'une vie, les éclats d'une mémoire, les cicatrices d'un peuple.
Quand un jeune photographe français pointe son objectif vers ce vieillard entouré de livres, il ignore qu'il s'apprête à traverser le miroir. " N'y a-t-il pas derrière tout regard une histoire ? Celle d'une vie. Celle de tout un peuple, parfois ", murmure le libraire. Commence alors l'odyssée palestinienne d'un homme qui a choisi les mots comme refuge, résistance et patrie.
De l'exode à la prison, des engagements à la désillusion politique, du théâtre aux amours, des enfants qu'on voit grandir et vivre, aux drames qui vous arrachent ceux que vous aimez, sa voix nous guide à travers les labyrinthes de l'Histoire et de l'intime. Dans un monde où les bombes tentent d'avoir le dernier mot, il nous rappelle que les livres sont notre plus grande chance de survie - non pour fuir le réel, mais pour l'habiter pleinement. Comme si, au milieu du chaos, un homme qui lit était la plus radicale des révolutions. -
À la mort de sa mère, Youssef, un professeur marocain exilé en France depuis un quart de siècle, revient à Salé, sa ville natale, à la demande de ses soeurs, pour liquider l'héritage familial. En lui, c'est tout un passé qui ressurgit, où se mêlent inextricablement souffrances et bonheur de vivre.
À travers lui, les voix du passé résonnent et l'interpellent, dont celle de Najib, son ami et amant de jeunesse au destin tragique, happé par le trafic de drogue et la corruption d'un colonel de l'armée du roi Hassan II. À mesure que Youssef s'enfonce dans les ruelles de la ville actuelle, un monde perdu reprend forme, guetté par la misère et la violence, où la différence, sexuelle, sociale, se paie au prix fort. Frontière ultime de ce roman splendide, le Bastion des Larmes, nom donné aux remparts de la vieille ville, à l'ombre desquels Youssef a jadis fait une promesse à Najib. " Notre passé... notre grande fiction ", médite Youssef, tandis qu'il s'apprête à entrer pleinement dans son héritage, celui d'une enfance terrible, d'un amour absolu, aussi, pour ses soeurs magnifiques et sa mère disparue.
Prix Décembre 2024
Prix de la langue française 2024 -
Milieu des années 60, en Toscane.
Un été caniculaire.
Une famille française en villégiature.
Un événement inattendu.
Des vies qui basculent irrémédiablement.
Un secret qui s'impose aussitôt.
Un écrivain, héritier de cette histoire, en quête de la vérité.
Mêlant suspense et sensualité, Une pension en Italie est un roman solaire sur le prix à payer pour être soi, en écho à Chambre avec vue et Sur la route de Madison. -
À la fin du XIXe siècle, Bilal Seck achève un pèlerinage à La Mecque et s'apprête à rentrer à Saint-Louis du Sénégal. Une épidémie de choléra décime alors la région, mais Bilal en réchappe, sous le regard incrédule d'un médecin français qui cherche à percer les secrets de son immunité. En pure perte. Déjà, Bilal est ailleurs, porté par une autre histoire, celle qu'il ne cesse de psalmodier, un mythe immense, demeuré intact en lui, transmis par la grande chaîne de la parole qui le relie à ses ancêtres. Une odyssée qui fut celle du peuple égyptien, alors sous le joug des Ptolémées, conduite par Ounifer, grand prêtre d'Osiris qui caressait le rêve de rendre leur liberté aux siens, les menant vers l'ouest à travers les déserts, jusqu'à une terre promise, un bel horizon, là où s'adosse le ciel...
Ce chemin, Bilal l'emprunte à son tour, vers son pays natal, en passant par Djenné, la cité rouge, où vint buter un temps le voyage d'Ounifer et de son peuple.
De l'Égypte ancienne au Sénégal, David Diop signe un roman magistral sur un homme parti à la reconquête de ses origines et des sources immémoriales de sa parole. -
" Je vous demande de vous mettre à notre place. Un instant. Rien qu'un instant. Votre enfant vient vous raconter l'humiliation, la persécution, le bannissement. C'est votre fils, votre fille, il a douze ans, elle en a huit ou quatorze. C'est la chair de votre chair, ce que vous avez de plus précieux au monde. C'est l'être que vous devez protéger, défendre, soutenir, aider à grandir. Et il vient vous avouer cela. Vous y êtes ? Vous la devinez, votre stupéfaction ? votre culpabilité ? votre douleur ? votre colère ? Ça vous envahit, pas vrai ? ça vous submerge, ça vous dépasse, ça vous anéantit. Et ça, ce n'est que le début. Que les toutes premières minutes. "
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Bonjour tristesse
Françoise Sagan
- Éditions Julliard
- Collection Permanente
- 11 Janvier 2024
- 9782260056324
Cécile, dix-sept ans, passe l'été sous le soleil brûlant de la Côte d'Azur, dans la villa qu'a louée son père, Raymond. L'adolescente, orpheline de mère, a noué avec lui une complicité hors norme depuis sa sortie de pension, deux ans plus tôt.
Pendant que Raymond passe le temps avec sa dernière conquête, Elsa, Cécile vit ses premières étreintes avec Cyril. De baignades dans la Méditerranée en siestes indolentes et promenades dans la forêt de pins toute proche, rien ne semble pouvoir troubler le déroulement de cet été idyllique.
C'est alors qu'arrive Anne, cultivée, élégante et droite, comme une menace pour l'insouciance. Tout à sa rage de vivre, Cécile se lance dans un jeu cruel à l'issue tragique. -
Dans un Kaboul caniculaire, parmi les ruines du désastre et celles des esprits, deux hommes et deux femmes cherchent un sens à leur vie : un bourgeois déchu, une avocate interdite d'exercer, un geôlier s'amenuisant à l'ombre des exécutions publiques et une épouse aux prises avec une maladie incurable. À travers leur quête de dignité, le martyre d'une nation traumatisée par les guerres et la folie, livrée aux sortilèges des gourous et à la tyrannie des taliban. Et pourtant, là où la raison semble perdue, l'amour refuse de céder et se réclame du miracle. Mais qu'est-ce qu'un miracle dans un pays où « les liesses sont aussi atroces que les lynchages » ?
Dans ce roman magnifique qui est aussi un hymne à la femme, Yasmina Khadra a su mettre au jour avec lucidité la complexité des comportements dans des sociétés musulmanes déchirées entre féodalisme et modernité. -
" Nous étions six - cinq garçons et une fille - insouciants, frivoles, joyeux, dans un été de tous les possibles. Pourquoi a-t-il fallu que l'un d'entre nous disparaisse ? "
S'inspirant d'une histoire vécue, Philippe Besson retrace un drame de sa jeunesse, survenu dans l'île de Ré, un soir de juillet, au milieu des années 80. -
" Mon oncle me disait : "Si une femme t'aimait, et si tu avais la présence d'esprit de mesurer l'étendue de ce privilège, aucune divinité ne t'arriverait à la cheville.'
Oran retenait son souffle en ce printemps 1962. La guerre engageait ses dernières folies. Je cherchais Émilie. J'avais peur pour elle. J'avais besoin d'elle. Je l'aimais et je revenais le lui prouver. Je me sentais en mesure de braver les ouragans, les tonnerres, l'ensemble des anathèmes et les misères du monde entier. "
Yasmina Khadra nous offre ici un grand roman de l'Algérie coloniale (entre 1936 et 1962) et éclaire d'un nouveau jour, dans une langue splendide et avec la générosité qu'on lui connaît, la dislocation atroce de deux communautés amoureuses d'un même pays.
" Si j'ai fait du cinéma jusqu'à aujourd'hui, c'est sûrement dans la perspective de réaliser un jour une histoire comme celle-là et toute mon expérience de cinéaste était tendue dans une telle attente inconsciente. Le roman de Yasmina Khadra est arrivé comme un signe du destin. " Alexandre Arcady
Prix Roman France Télévisions 2008
Élu Meilleur livre de l'année 2008 par le magazine Lire
Prix des Lecteurs corses 2009
Prix "Les Dérochères" (Canada 2010) -
Dans un restaurant bondé de Tel-Aviv, une femme fait exploser la bombe qu'elle dissimulait sous sa robe de grossesse. Toute la journée, le docteur Amine, Israëlien d'origine arabe, opère à la chaîne les innombrables victimes de cet attentat atroce. Au milieu de la nuit, on le rappelle d'urgence à l'hôpital pour lui apprendre sans ménagement que la kamikaze est sa propre femme.
Il fallait l'audace rare de Yasmina Khadra pour oser aborder un tel sujet. Dans ce roman extraordinaire, on retrouve toute la générosité d'un écrivain qui n'en finit pas d'étonner par son imaginaire et son humanisme.
Prix des libraires 2006 Prix Tropiques 2006 Prix découverte du Figaro Magazine 2005 Grand Prix des lectrices Côté Femme Prix des Lecteurs du Télégramme 2006 Prix Littéraire des Lycéens et Apprentis de Bourgogne 2006 Prix Gabrielle d'Estrées 2006 Prix de la Jeune critique (Autriche 2006) Élu Meilleur Livre de l'année (Happenheim, Allemagne 2008) Prix Segalen des Lycéens d'Asie (Singapour 2009) -
Suisse, 1984. Margaux, neuf ans, se jette dans les eaux glacées du lac Léman. Pétrifié, Alexis, son camarade de classe, assiste à son sauvetage. Entre les deux enfants naît alors une complicité vibrante. Mais bientôt, Margaux disparaît mystérieusement. Quarante ans plus tard, tous deux se retrouvent par hasard. Lui, ancien consultant, a tout quitté, rongé par la culpabilité du scandale lié au Duroxil, un opioïde qui a ravagé l'Amérique. Elle, après une enfance dramatique, est devenue écrivain, célibataire et heureuse de l'être, mais ses romans sont peuplés de fantômes. Entre eux, l'amour est intact, aussi brûlant qu'au premier jour. Mais aimer à cinquante ans, est-ce encore possible, quand un père se meurt, quand les enfants grandissent loin, quand le monde lui-même semble s'effondrer ?
De l'enfance à l'âge mûr, de la Suisse de la fin du siècle dernier à la France des années 2020, en passant par les États-Unis où s'annonce déjà le retour de Donald Trump,
Aimer dessine une fresque éblouissante sur ces instants où tout peut encore basculer. Un souffle de vie inouï traverse ce roman lumineux, sur la grâce des secondes chances. -
C'est l'histoire d'une collision entre un vieux break Volvo et une petite décapotable italienne au milieu des champs de tournesols. Un carambolage entre deux vies : celle de Greg, qui distrait ses inquiétudes de fils d'agriculteur endetté, ses complexes d'infirme et sa morosité boudeuse à coups de vinyles et de virées poker, et celle de Dolores, qui bataille dans sa villa dorée avec ses interrogations existentielles et ses problèmes de coeur. C'est que sa relation avec Marc-André, champion de handball hâbleur et volage, est orageuse. Mais sa mère, Rose, l'a prévenue : ce n'est pas une raison pour se fourvoyer avec un type précaire comme Greg, aussi séduisant soit-il. Surtout quand celui-ci vient de perdre son père dans des circonstances tragiques et tente tant bien que mal de s'occuper de sa mère, Meg, qui sombre dans la tristesse et l'alcool. Alors que le monde autour vacille, Greg et Dolores se cherchent, se repoussent et se retrouvent, indéfectiblement liés par les accidents de la vie et les cahots du désir.
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?Ils sont frère et soeur. Quand l'histoire commence, ils ont dix-neuf et treize ans.
Cette histoire tient en quelques mots, ceux que la cadette, témoin malgré elle, prononce en tremblant : " Papa vient de tuer maman. " Passé la sidération, ces enfants brisés vont devoir se débrouiller avec le chagrin, la colère, la culpabilité. Et remonter le cours du temps pour tenter de comprendre la redoutable mécanique qui a conduit à cet acte.
Avec pudeur et sobriété, ce roman, inspiré de faits réels, raconte, au-delà d'un sujet de société, le long combat de deux victimes invisibles pour réapprendre à vivre. -
Rien ne relie les passagers montés à bord du train de nuit no 5789. À la faveur d'un huis clos imposé, tandis qu'ils sillonnent des territoires endormis, ils sont une dizaine à nouer des liens, laissant l'intimité et la confiance naître, les mots s'échanger, et les secrets aussi. Derrière les apparences se révèlent des êtres vulnérables, victimes de maux ordinaires ou de la violence de l'époque, des voyageurs tentant d'échapper à leur solitude, leur routine ou leurs mensonges. Ils l'ignorent encore, mais à l'aube, certains auront trouvé la mort.
Ce roman au suspense redoutable nous rappelle que nul ne maîtrise son destin. Par la délicatesse et la justesse de ses observations, Paris-Briançon célèbre le miracle des rencontres fortuites, et la grâce des instants suspendus, où toutes les vérités peuvent enfin se dire.
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In extremis : Histoires de survie
Daniel Fievet, Lili Wood, Aleksi Cavaillez
- Éditions Julliard
- 9 Octobre 2025
- 9782260057291
Après le succès de
Naufragés - Histoires vraies, embarquez pour de nouvelles aventures. Daniel Fiévet nous raconte les aventures réelles d'hommes et de femmes qui, loin de toute civilisation, au beau milieu d'un désert, en pleine jungle ou sur une île déserte, ont trouvé la force de survivre
In extremis.
Quand le salut semblait impossible, ils ont défié le destin. D'Antoine de Saint-Exupéry, prisonnier du désert, aux astronautes d'Apollo 13 perdus dans l'espace, Daniel Fiévet raconte les aventures réelles d'hommes et de femmes qui, loin de toute civilisation, entre des sommets enneigés, en pleine jungle ou sur une île déserte du Pacifique, ont trouvé la force de survivre
in extremis. Ces histoires se sont déroulées entre le XVIIIe et le XXe siècle sous toutes les latitudes et même au-delà de la Terre. En proie à la faim, la soif et la solitude, abandonnés sous le soleil brûlant ou dans les glaces du cercle polaire, ces personnages singuliers se sont découvert des capacités de résistance qu'ils ne soupçonnaient pas. Leurs récits révèlent les contrastes de la nature humaine face au danger extrême et nous interrogent : si, pour survivre, certains se transcendent et deviennent des héros, tandis que d'autres cèdent à leurs instincts les plus sombres... nous, qu'aurions-nous fait ?
Accompagné de documents historiques, de cartes, de peintures et dessins originaux signés Lili Wood et Aleksi Cavaillez, ce nouveau volume, inspiré du podcast fascinant In
Extremis - Histoires de survie, prolonge l'exploration des destins hors du commun. Un voyage autour du monde et au plus loin de l'endurance humaine. -
Le magasin des suicides
Jean Teulé
- Éditions Julliard
- Litterature Francaise Julliard
- 4 Janvier 2007
- 9782260017080
Réédition du Magasin des Suicides à l'occasion de la sortie en salles, le 26 septembre 2012, du film d'animation de Patrice Leconte, une adaptation très attendue du célèbre roman de Jean teulé.
IImaginez une petite entreprise où l'on vend depuis dix générations tous les ingrédients pour se suicider. Bienvenue dans le Magasin des Suicides, au célèbre slogan : Mort ou remboursé!' Mishima Tuvache, le père, spécialisé dans les morts violentes, dirige la maison d'une main de fer. Lucrèce, la mère, adepte de l'empoisonnement, confectionne elle-même des mixtures fatales. Vincent, le fils aîné, projette la création d'un parc d'attractions sur le thème du suicide. Sa soeur, Marilyn, qui se croit moche et inutile, voudrait en finir avec l'existence, mais ses parents lui rappellent que : Chez les Tuvache, on ne peut pas se suicider parce que sinon qui tiendrait le magasin?' Dans cette famille malheureuse et contente de l'être, le destin a frappé le jour où Mishima et Lucrèce ont testé un préservatif poreux destiné à ceux qui veulent mourir par contamination sexuelle. C'est ainsi qu'est né le petit dernier, Alan, que la nature a doté d'un horrible défaut : il adore la vie. Un enfant pareil, c'est un coup du sort. Il console les clients, sème une joyeuse pagaille avec son sens de l'humour et ses chansons. Mishima en fait une dépression et doit s'aliter quelques jours, le temps pour Alan de métamorphoser la boutique avec l'aide de sa mère, sa soeur et son frère, atteints par son optimisme. Dorénavant, le M.D.S. (Magasin des Suicides) devient une sorte de M.J.C. locale où les clients se retrouvent pour faire la fête et chercher des solutions à l'avenir du monde. Tout cela se terminera peut-être dans une sorte d'apothéose, car, finalement, le pire n'est jamais sûr! -
Vous avez lu quelque part que la lettre la plus fréquemment utilisée de la langue française était la voyelle " e ". Cela, bien sûr, vous a semblé injuste, et même intolérable, et vous avez décidé d'agir.
Vous avez donc pris un dictionnaire de la langue française et vous avez recueilli tous les mots " sans e ". Vous vous en êtes servi pour raconter une histoire que vous avez appelée, évidemment, La Disparition.
Néanmoins, vous n'étiez pas entièrement satisfait. Il vous semblait que vous n'aviez fait que la moitié du chemin. Vous avez donc récidivé, en prenant, cette fois-ci, les mots ne comportant que la voyelle " e ", c'est-à-dire les mots " sans a ", " sans i ", - " sans o " et " sans u " (" y " est une semi-voyelle et mérite un traitement particulier). Vous vous en êtes servi pour raconter une histoire qu'à juste titre vous avez intitulée Les Revenentes.
Vous serez peut-être surpris de constater que vos deux ouvrages se ressemblent par de nombreux traits bien qu'ils n'aient aucun mot en commun. -
Le 24 octobre 1941 au soir, quatre personnes sont présentes au château d'Escoire, tout près de Périgueux. Au réveil, Henri Girard, jeune homme de vingt-sept ans, découvre les corps de son père, de sa tante et de la bonne, sauvagement assassinés à coups de serpe. Pour la police, puisque personne n'a pu entrer ni sortir de la demeure, le meurtrier est forcément le survivant, Henri. Connu pour son caractère fantasque, ses moeurs dissolues, ses démêlés avec une famille fortunée dont il est l'héritier direct, son arrogance insupportable et son caractère dispendieux, tout l'accable : non seulement les circonstances, mais aussi le mobile tout trouvé et jusqu'à l'arme du crime - qu'il a empruntée aux voisins. Malgré ses protestations d'innocence, on le jette en prison. Pendant ses dix-neuf mois d'incarcération, le jeune homme fait preuve d'une désinvolture inqualifiable, attitude qui lui vaut la réprobation générale et la promesse de la guillotine. Au terme d'un procès retentissant, maître Maurice Garçon, as du barreau de l'époque, obtient pourtant son acquittement, jugement qui suscite l'indignation de tous. Dès lors, Henri passe quelques années à dilapider la fortune familiale puis s'exile en Amérique latine. En 1950, il rentre en France avec le manuscrit du Salaire de la peur qu'il publie sous le pseudonyme de Georges Arnaud. Le roman connaît un succès considérable grâce à l'adaptation cinématographique qu'en tire Henri-Georges Clouzot, avec dans les rôles principaux Yves Montand et Charles Vanel.
Un fait divers aussi mystérieux et un personnage aussi fascinant que Georges Arnaud ne pouvaient laisser Philippe Jaenada indifférent. Comme il l'a déjà fait avec Bruno Sulak et Pauline Dubuisson, il s'est plongé dans les archives, a avalé quatre mille pages de documents, traqué le moindre détail, déniché les indices les plus ténus, mis ses pas dans ceux de ses protagonistes, pour nous livrer ce récit fascinant qui pourrait bien résoudre une énigme vieille de soixante-quinze ans. Et comme à son habitude, Philippe Jaenada ne s'est pas privé de sortir du cadre, de se lancer dans de brillantes et surprenantes improvisations et, surtout, de tracer de ce personnage singulier et extravagant qu'était Georges Arnaud un portrait éblouissant. -
Quand j'étais enfant, ma mère ne cessait de me répéter : « Arrête avec tes mensonges. » J'inventais si bien les histoires, paraît-il, qu'elle ne savait plus démêler le vrai du faux. J'ai fini par en faire un métier, je suis devenu romancier.
Aujourd'hui, voilà que j'obéis enfin à ma mère : je dis la vérité. Pour la première fois. Dans ce livre.
Autant prévenir d'emblée : pas de règlement de comptes, pas de violence, pas de névrose familiale.
Mais un amour, quand même.
Un amour immense et tenu secret.
Qui a fini par me rattraper. -
Au temps du Roi-Soleil, avoir sa femme dans le lit du monarque était pour les nobles une source de privilèges inépuisable.
Le jour où Louis XIV jeta son dévolu sur Mme de Montespan, chacun, à Versailles, félicita le mari de sa bonne fortune.
C'était mal connaître Louis-Henri de Pardaillan, marquis de Montespan.
Gascon fiévreux et passionnément amoureux de son épouse, Louis-Henri prit très mal la chose.
Dès qu'il eut connaissance de son infortune, il orna son carrosse de cornes gigantesques et entreprit de mener une guerre impitoyable contre l'homme qui profanait une union si parfaite.
Refusant les honneurs et les prébendes, indifférent aux menaces répétées, aux procès en tous genres, aux emprisonnements, à la ruine, aux tentatives d'assassinat, il poursuivit de sa haine l'homme le plus puissant de la planète pour tenter de récupérer sa femme.
Il fallait le talent et la verve de Jean Teulé pour rendre hommage à cet oublié de l'Histoire - personnage hors du commun - qui, l'un des tout premiers, osa affronter à visage découvert le pouvoir absolu de son époque.
Prix Maison de la Presse 2008 Grand prix Palatine du roman historique 2008 Prix de l'Académie Rabelais 2009 -
" J'ai mis des années avant d'oser écrire sur Hélène. Elle n'était pas que l'étranglée de la rue d'Ulm. Elle était un mystère, une femme aux multiples identités, une personnalité opaque, hermétique aux récits. Le meurtrier possède sa biographie en plusieurs tomes, des rayonnages entiers, des archives dédiées. On l'étudie. On le lit. Elle : rien. Il lui a écrit des
Lettres à Hélène, des centaines de pages. Des mots publiés, sans ses réponses, à elle.
Si cette femme est un mystère, si j'en sais si peu sur elle, que faire ? Lorsque l'on n'est ni historienne ni biographe, quel intérêt d'écrire sur une autre personne ? J'ai fini par répondre à cette question, parce que chaque femme a droit à la parole.
J'ai longtemps tâtonné avant de la nommer. On l'appelle Althusser, Rytmann, Legotien. Comment choisir ? Un jour, pourtant, j'ai réussi à l'appeler Hélène. C'est drôle parce que chez les féministes, on se méfie des personnes qui appellent les femmes par leur prénom. Mais les choses se meuvent dans la vie et il m'a semblé que ce prénom disait tout d'elle, et la poésie et la mer, et la force et le langage. Il m'a semblé que le prénom Hélène la révélait davantage que ses patronymes changeants, ses noms de code et d'épouse. Il racontait aussi sans doute la tragédie qui l'attendait. " -
Avec les années, Victor est devenu jaloux de son indépendance et de la tranquillité que lui offre sa petite vie insulaire. Il est prêt à tout pour empêcher ses enfants de troubler son existence, surtout au moment où il retrouve un élan de jeunesse auprès de Magalie. Mais sa fille Édith et son fils Jonas, alertés par des mouvements bizarres sur les comptes de leur père, décident de mettre le cap sur son île.
Alors qu'une formidable tempête se déclenche, isolant du monde l'île et ses habitants, Victor, Édith et Jonas sont contraints de se parler, quitte
à se confronter, pour trouver une façon de faire famille.
Avec ce roman choral, Philippe Djian propose un huis clos doux-amer sur fond de nature déchaînée. -
Ce que vous trouverez caché dans mon oreille
Mosab Abu Toha
- Éditions Julliard
- 3 Octobre 2024
- 9782260056485
En restituant les peines et les joies des habitants de Gaza dans sa poésie-reportage, Mosab Abu Toha donne chair à une terre en guerre, et à sa beauté insoupçonnée.
Sa plume concrète, fulgurante, raconte la violence qui s'infiltre dans tous les recoins de l'existence. Comme Gaza elle-même, ces textes sont remplis de décombres. Mais ils sont aussi empreints de beauté et d'une profonde humanité, nichées dans les objets du quotidien, les amitiés qui se nouent et la nature immuable. Ils sont imprégnés de l'odeur du thé et des roses en fleurs. Des enfants naissent, des étudiants vont à l'université, des bibliothèques sortent de leurs ruines, tandis que les Palestiniens trouvent de nouvelles façons de survivre et de créer de l'espoir. -
Sylvie et Jérôme, tout juste sortis de leurs études de sociologie, entrent dans la vie active en travaillant comme enquêteurs pour des agences d'opinion. Ils cherchent un bonheur aux apparences simples : un logement confortable, de beaux meubles, des vêtements élégants, des après-midi au café et des soirées au cinéma. Mais la différence entre ce qu'on nous donne à rêver et la réalité de notre vie, mesquine et rétrécie, est cruelle. De leur minuscule appartement encombré, aux Puces où ils chinent, jusqu'en Tunisie où ils espèrent se réinventer, Jérôme et Sylvie se cherchent sans fin dans les reflets des objets qui les entourent. Que faire face au vertige des choses ?
Paru en 1965 chez Julliard et récompensé par le prix Renaudot, Les Choses s'est imposé comme un classique de la littérature contemporaine. En mettant l'analyse sociologique au service de la fiction, Georges Perec y inaugure une forme littéraire à la drôlerie mordante et à la singulière perspicacité, jamais démentie, sur notre société de consommation.